(crédit photo : https://fr.wikipedia.org/wiki/Crepidula_fornicata)
Vous le reconnaissez ? On en trouve partout de la Côte Normande à la Bretagne. Je ne suis pas allé chercher plus loin.
Alors, quel est le point commun entre la crépidule et la 2ème guerre mondiale ?
Vous ne voyez pas ? Le débarquement bien sûr ! Le D Day !
Inconnu sur les côtes françaises avant la 2ème guerre mondiale, ce joli petit gastéropode nous a été rapporté des Etats Unis, de Virginie pour être plus précis.
L’histoire se passe en 2 temps :
-L’introduction d’huîtres de Virginie en Angleterre a permis sa venue dans les eaux anglaises et sa prolifération.
(Credit photo : http://www.cancale-tourisme.fr/les-huitres-de-cancale)
-Les barges du Débarquement l’ont ensuite conduit sur nos côtes lors du fameux D-Day
(credit photo : http://www.dday-overlord.com/debarquement-normandie/plages/utah-beach)
Inoffensive la bestiole! Pas vraiment ! Et c’est loin d’être une blague ! L’affaire est sérieuse !
Cette espèce est classée parmi les espèces invasives.
Son système reproducteur extrêmement efficace a permis aux populations de crépidules de leur vrais noms : Crepidula Fornicata (je n’invente rien) de croître de manière exponentielle au point de mettre en péril tout l’écosystème local des côtes normandes et nord bretonnes.
Parlez-en aux ostréiculteurs sur Cancale : huîtres, palourdes, coques et autres poissons plats sont en péril. Les fonds marins sont recouverts par notre envahisseur qui colonise l’espace à grande vitesse et forme des champs marins.
(credit photo : http://www.culturesciences.fr/2016/07/01/envahisseurs-limpact-especes-exotiques-marines )
La biodiversité française est en danger ! Aux Armes citoyens, formez vos bataillons ! …
Vous connaissez la suite …
Certains ont bien essayé mais force est de constater que ce coquillage est le plus fort !
100 000 tonnes par an ont été ramassé dans les années 1990 mais avec une croissance de 10% par an et 230 000 à 250 000t rien qu’autour de Cancale, le combat est inégal.
Tout espoir est-il perdu ? Faut-il se résoudre à abandonner nos fonds marins à l’envahisseur ?
Non, car figurez-vous que ce coquillage est comestible (gouteux paraît-il ?) et tout est valorisable.
De plus, la coquille possède un intérêt pour l’enrichissement des sols, la nourriture animale et pourrait se substituer au sable dans certains matériaux de construction épargnant par ailleurs nos sablières de rivières ou côtières. (= limitation de l’érosion, ça vous parle ?).
Une société cancalaise, SLP est à la pointe dans le domaine de l’exploitation du gisement local grâce à la mise au point d’un process industriel permettant de séparer la chair de la coquille.
Il ne reste plus qu’à créer la demande … gourmande, agricole et industrielle…
J’espère que vous en avez appris un peu plus sur ce petit animal, que vous y porterez un autre regard et je vous invite à lire les liens suivants pour en savoir-plus.
Comme je n’ai rien inventé de cet article, voici mes sources :
http://www.lacrepidule.com/que-faire-des-coquilles-fr/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Crepidula_fornicata
http://www.culturesciences.fr/2016/07/01/envahisseurs-limpact-especes-exotiques-marines
http://www.monquotidienautrement.com/dossiers/coquillages-comestibles-crepidules/
http://envlit.ifremer.fr/envlit/documents/dossiers/la_crepidule/version_francaise/invasion