Depuis des mois (pour ne pas dire des années), on voit des critiques virulentes contre le Bitcoin dans la presse. Celui-ci est décrit comme “une bulle”, “un valeur spéculative”, une “fraude”, une “arnaque”. À chaque fois que le cours baisse de 4 ou 5% ou plus, des journalistes s’empressent d’annoncer “l’éclatement de la bulle” et la fin du Bitcoin.
Des chutes de prix importantes, il y en a eu plein au cours de l’histoire du Bitcoin, notamment en 2017. Et à chaque fois, le prix du Bitcoin est remonté en quelques semaines voire en quelques jours. En 2017, plusieurs records ont été battus. Début novembre, le cours est monté aux alentours des 7 500 dollars.
Malgré toutes ces critiques, le Bitcoin continue à gagner en popularité et à battre des records. Les sceptiques envers le Bitcoin ont donc essayé de dire aux gens que le Bitcoin n’était pas une vraie monnaie car il n’était pas contrôlé par un État ou par une banque centrale, ou encore parce qu’il n’y avait pas de pièces et de billets (et là ça revient vraiment à prendre les gens pour des cons).
L’écologie, nouvel argument contre le Bitcoin
La nouvel argument à la mode contre le Bitcoin, c’est l’écologie. Ces dernières semaines, on a pu voir plein d’articles dans la presse disant que le Bitcoin était un “désastre écologique”. Selon les estimations, le Bitcoin consommerait autant qu’un pays développé comme l'Irlande (4,7 millions d'habitants) ou qu'un pays pauvre comme le Nigéria (186 millions d’habitants) en un an.
Une transaction en bitcoin consommerait autant que 8,61 foyers américains pendant un jour normal. La consommation annuelle du réseau suffirait même à alimenter 2,3 millions de ménages pendant un an...
Le truc que les médias ne précisent pas vraiment, c’est que les estimations de Digiconomist se basent sur la consommation d’une mine de bitcoins en Mongolie et que l’électricité consommée par celle-ci est produite… à base de charbon. Et donc, forcément, ça émet beaucoup de CO2. Si Digiconomist avait pris l’exemple d’une mine de bitcoins en Islande alimentée par de la géothermie, les estimations d’émission de CO2 seraient probablement moins élevées...
Des attaques centrées sur le Bitcoin
Pour produire des bitcoins et vérifier les transactions, le réseau Bitcoin a besoin d’effectuer énormément de calculs. Mais ce n’est absolument pas spécifique au Bitcoin, c’est le cas d’à peu près toutes les cryptomonnaies. Pourtant, les attaques sont centrées sur le Bitcoin.
Le réseau Bitcoin consomme beaucoup d’énergie. Mais c’est aussi le cas pour des monnaies comme l’Ether, le Dash, le Litecoin ou encore le Zcash.
Les développeurs ont de plus en plus conscience de l’impact écologique des cryptomonnaies et essaient donc de rendre les transactions moins énergivores et moins coûteuses. Certaines entreprises se sont rendues compte qu’une blockchain pouvait être utilisée pour limiter les gaspillages énergétiques des bâtiments et des lieux de production en répartissant mieux l’électricité produit. Il existe même des cryptomonnaies qui fonctionnent sans blockchain… Tout cela montre que des solutions sont en développement pour limiter l’impact énergétique et environnemental des cryptomonnaies et des blockchains...
Le Bitcoin, partie émergée de l’iceberg
Ce que la presse omet de préciser dans ses articles sur le Bitcoin, c’est que ce n’est pas seulement la consommation du réseau Bitcoin qui augmente, mais la consommation électrique globale tout court.
Dire qu’une transaction Bitcoin produit tant de grammes de CO2, ça impressionne. Mais savez-vous qu’envoyer un mail produit environ 15 g de CO2 ? Sachant qu’en 2015, 204 milliards de mails (sans compter les spams) ont été envoyés, ça fait vite beaucoup…
Avec l’augmentation de la population mondiale et la démocratisation de l’accès à Internet dans les pays en développement, le nombre de mails envoyés chaque année est encore amené à augmenter considérablement. Il en est de même pour les SMS et les appels téléphoniques. Et il ne faut pas oublier non plus les réseaux sociaux... De façon générale, la consommation d’électricité liée aux télécommunications est amenée à augmenter dans les prochaines années.
Plutôt que de taper bêtement sur le Bitcoin, les médias mainstream feraient peut-être mieux de se poser des questions sur l'impact global des communications électroniques. Ils feraient aussi bien de se demander combien consomme un tweet ou combien consomme une requête pour aller sur les sites de leurs journaux...
Sources
https://motherboard.vice.com/en_us/article/ywbbpm/bitcoin-mining-electricity-consumption-ethereum-energy-climate-change
https://www.ft.com/content/c166aa1e-c303-11e7-a1d2-6786f39ef675
http://www.sudouest.fr/2017/11/12/produire-le-bitcoin-necessite-autant-d-energie-que-le-nigeria-en-un-an-3940785-706.php
https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030851165467-la-phenomenale-consommation-denergie-du-bitcoin-2129319.php
https://www.letemps.ch/economie/2017/11/12/bitcoin-desastre-ecologique-perspective
https://digiconomist.net/bitcoin-energy-consumption
http://www.europe1.fr/emissions/axel-de-tarle-vous-parle-economie/lenvolee-du-bitcoin-en-bourse-arnaque-ou-valeur-davenir-3480242
https://www.developpez.com/actu/172781/L-energie-consommee-par-une-transaction-Bitcoin-equivaut-a-celle-de-8-foyers-en-un-jour-selon-une-etude-de-Digiconomist/
http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-internet-courriels-reduire-impacts.pdf