A première vue non. Le post de @furion a un an déjà, mais est toujours d'actualité : l'écrasante majorité des Steemiens vient des USA, suivent ensuite les Sud-Coréens. En fait, la première nation européenne représentée est l'Allemagne, en 5ème ou 6ème position, selon les stats. La Croatie fait également bonne figure. (D'ailleurs, qui sait où trouver des chiffres par pays à jour? Merci !)
Mais pas de fatalisme, comme le rappelle @roxane (merci x 1000 pour l'introduction exhaustive à la plateforme) Steemit est en pleine croissance (1 million de comptes!) et si les francophones partent de loin on veut croire qu'ils rattraperont leur retard. Idem pour les Espagnols, Italiens, Polonais etc.
Tant mieux, l'Europe a besoin de Steemit.
En pleine crise, le vieux continent se cherche, et a besoin d'un nouveau souffle. Contesté qu'il est de l'extérieur par l'élection de Trump, les ambitions hégémoniques russes et chinoises, marqué dans ses valeurs par le conflit syrien qui n'en fini pas de bafouer le droit international... L'exemple récent de l'accord nucléaire iranien montre qu'il n'est plus possible pour l'Europe de se cacher derrière les vieilles alliances, comme le détaille @corbettreport : un changement est à venir. De l'intérieur également, l'Europe est remise en cause: Brexit bien sûr. Mais aussi Catalogne, fiscalité, modèles sociaux, poids des lobbys, bureaucratie ... il est temps de proposer autre chose au citoyen européen, qu'il soit dans l'Union ou à sa périphérie. Car l'enjeu est continental: Suisses, Norvégiens, Islandais, Turcs et autres voisins ont besoin eux aussi d'une Europe qui va bien dans un monde qui va plutôt mal.
Pouvons-nous créer sur Steemit une communauté européenne ? Une communauté de citoyens pas seulement par pays, mais par delà les frontières ?
Le moment semble opportun. Les initiatives transnationales de tous bords se multiplient ces derniers mois. Dans le champ politique traditionnel tout d'abord. Deux partis récemment créés ont poussé pour la mise en place de listes européennes pour les élections de mai 2019 : Diem25 de Yánis Varoufákis qui milite pour un "New Deal Européen", et En Marche d'Emmanuel Macron, élu sur l'air de l'hymne communautaire. Ils emboitent là les pas du Mouvement Européen qui défend cette position depuis de nombreuses années. Pour l'instant, le Parlement Européen a rejeté l'idée de ces listes transnationales. Mais l'idée est là, et des liens se tissent. Durablement.
Heureusement, ces initiatives transnationales ne sont pas que politiques. Elles émergent également de la société civile. Un seul exemple? Le mouvement PulseofEurope qui se bat "pour défendre une Europe forte et qui fonctionne". Lancé en février 2017 par des Allemands, affilié à aucun parti politique, il a déjà fait descendre dans la rue des centaines de milliers de citoyens dans une dizaine de pays et une vingtaine de villes du continent.
 plus récemment au 20ème siècle à l'Internationale Ouvrière contre la première guerre mondiale. En fait, c'est précisément dans ces périodes de tension et de doute que naissent les grandes initiatives, comme le disait Chateaubriand:
"Les moments de crise produisent un redoublement de vie chez les hommes"
On n'arrive pas à s'enlever de la tête qu'il y a urgence. Urgence sur les questions climatiques, sur celles liées à l'accueil des réfugiés. Urgence d'autant plus que, de leur côté, les extrêmes droites, les populismes eurosceptiques ou europhobes ont bien compris, eux, que l'union fait la force. Le groupe de Visegràd (Hongrie, Pologne, Rep. Tchèque, Slovaquie) renie ouvertement les valeurs de solidarité au cœur du projet européen, Marine Le Pen félicite ses amis italiens pour leur récente victoire électorale...
Malgré eux, face à eux, les appels se multiplient pour réinventer l'Europe. Du "Nous vivons peut-être un moment européen" du Monde, au plus affirmatif "Europe, année zéro" du Nouveau Magazine Littéraire se créé un espace de réflexion, de débat, d'échanges qui ne se limitent pas aux institutions, ni même à l'économique. Les excellents Eurozine ou AreWeEurope fouillent le champ culturel, la musique, l'art, la littérature pour les nouvelles générations européennes.
Et Steemit donc?
Cet élan a besoin de nouveaux formats, de nouveaux vecteurs. Il y a dans la blockchain un formidable potentiel pour redistribuer l'information, et donc la représentation, et donc le pouvoir. Décrypter l'actualité et les enjeux du 21ème siècle du point de vue européen, sans projet politique préconçu, fédérer en réseau des contributeurs. trices, lecteurs.trices européens, c'est le projet de ce blog.
De nombreuses questions se posent. (Notamment celle de la langue.) Mais prenons le risque, faisons le pari. Quelques minutes à peine sur le réseau permettent déjà de trouver de fervents européens parmi ses utilisateurs. Comme l'artiste hongrois @zsolt.vidak dont le travail coloré sur l'Europe est à retrouver ici et là.
Bonne nouvelle!