Mon Prompt :
« Un certain nombre de sociétés cotées ont choisi d'investir une partie de leur trésorerie en Bitcoin. Donnez trois exemples (dont au moins une société européenne). Énoncez au moins deux raisons qui auraient pu justifier ce choix et au moins deux contre-arguments. »
Réponse de l’IA :
« Voici une réponse structurée et synthétique.
Exemples de sociétés cotées ayant investi en Bitcoin
1. MicroStrategy (États Unis)
Société de logiciels cotée au NASDAQ.
Pionnière de cette stratégie depuis 2020 ; elle détient de très loin le volume de bitcoins le plus élevé parmi les entreprises cotées, le Bitcoin étant devenu l’élément central de sa stratégie de trésorerie.
2. Tesla (États Unis)
Constructeur automobile coté au NASDAQ.
A investi une partie de sa trésorerie en Bitcoin en 2021, avec ensuite des ventes partielles, montrant une approche plus opportuniste et prudente que MicroStrategy.
3. BNP Paribas / Groupe SEBA ou CoinShares (Europe – exemple européen)
CoinShares (société européenne cotée à Stockholm) est un acteur spécialisé dans les actifs numériques et détient du Bitcoin pour son activité et sa trésorerie.
On peut aussi citer Block (anciennement Square), mais pour un exemple strictement européen et coté, CoinShares est le plus clair.
Raisons possibles justifiant ce choix
1. Protection contre l’inflation et la dévaluation monétaire
Le Bitcoin est perçu comme un actif à offre limitée (21 millions d’unités), susceptible de préserver la valeur de la trésorerie face à l’inflation et aux politiques monétaires expansionnistes.
2. Diversification de la trésorerie
Investir en Bitcoin permet de réduire la dépendance exclusive aux liquidités, obligations ou instruments monétaires, dont les rendements réels peuvent être faibles ou négatifs.
3. Signal stratégique et marketing (raison souvent implicite)
Pour certaines sociétés, ce choix renforce une image d’entreprise innovante, tournée vers la technologie et la finance numérique, ce qui peut séduire investisseurs et clients.
Contre arguments majeurs à cette stratégie
1. Volatilité extrême du Bitcoin
Le cours du Bitcoin peut baisser fortement sur de courtes périodes, ce qui expose la trésorerie à des pertes importantes et peut affecter la stabilité financière ou la valorisation boursière.
2. Risque comptable et réglementaire
Les règles comptables actuelles (notamment en normes IFRS ou US GAAP) sont souvent défavorables : les pertes doivent être reconnues, mais pas les plus values latentes.
L’environnement réglementaire reste incertain, avec un risque de durcissement des règles.
3. Inadéquation avec la fonction de la trésorerie
La trésorerie est censée garantir liquidité, sécurité et prévisibilité. Un actif spéculatif comme le Bitcoin peut entrer en contradiction avec ces objectifs fondamentaux. »
Analyse critique de la réponse de l’IA :
La réponse manque de précision dans le choix des exemples. Il fallait distinguer les entreprises qui détiennent du Bitcoin comme trésorerie de celles dont le Bitcoin fait partie de l’activité commerciale, comme les banques, les gestionnaires d’actifs ou les plateformes de cryptomonnaie.
Le premier exemple est pertinent, MicroStrategy, désormais Strategy. C’est probablement le cas le plus emblématique d’une société cotée ayant transformé sa stratégie financière autour du Bitcoin. Cotée au Nasdaq, l’entreprise a commencé à acheter massivement du Bitcoin à partir de 2020. Elle ne s’est pas limitée à utiliser sa trésorerie disponible puisqu’elle a aussi eu recours à de la dette et à des émissions d’actions pour augmenter son exposition. MicroStrategy n’est pas seulement une entreprise logicielle avec une trésorerie diversifiée, mais presque un véhicule coté d’exposition au Bitcoin.
Le deuxième exemple est Tesla. L’entreprise a annoncé en 2021 un investissement d’environ 1,5 milliard de dollars en Bitcoin. Contrairement à MicroStrategy, Tesla a eu une approche plus opportuniste : elle a ensuite vendu une grande partie de sa position en 2022. Elle conserve encore une exposition au Bitcoin, estimée autour de 11 500 BTC, mais cette exposition n’est pas devenue le cœur de sa stratégie financière. Tesla illustre donc une logique de diversification, tandis que MicroStrategy représente une transformation profonde de l’entreprise autour du Bitcoin.
Le troisième exemple pertinent pour l’Europe, est Capital B, anciennement The Blockchain Group. C’est une société française cotée sur Euronext Growth Paris qui a adopté une stratégie explicite de trésorerie en Bitcoin. Elle a notamment annoncé l’acquisition de 580 BTC le 26 mars 2025 pour environ 47,3 millions d’euros, via sa filiale luxembourgeoise, financée par une émission d’obligations convertibles. Elle déclarait détenir environ 2 940 BTC. Cet exemple est plus adapté que BNP Paribas, SEBA ou CoinShares, car il s’agit bien d’une société cotée ayant choisi d’intégrer le Bitcoin dans sa stratégie de trésorerie.
À l’inverse, BNP Paribas n’est pas un bon exemple. La banque développe des services liés aux actifs numériques, comme des produits d’investissement ou de conservation, mais cela ne signifie pas qu’elle a placé sa propre trésorerie en Bitcoin. SEBA / AMINA Bank n’est pas non plus un exemple pertinent, car il ne s’agit pas d’une société cotée comparable à Tesla ou MicroStrategy. Quant à CoinShares, c’est une société cotée spécialisée dans les actifs numériques, mais le Bitcoin fait partie de son activité économique. Ce n’est donc pas le même raisonnement qu’une entreprise industrielle ou logicielle qui décide d’allouer une partie de sa trésorerie au Bitcoin.
Le Bitcoin peut être vu comme une protection contre la perte de pouvoir d’achat des monnaies traditionnelles, car son offre maximale est limitée à 21 millions d’unités. Certains dirigeants le présentent donc comme une forme d’or numérique. Il peut aussi servir à diversifier une trésorerie trop concentrée en euros, dollars ou obligations court terme. Enfin, pour certaines entreprises technologiques ou financières, acheter du Bitcoin peut envoyer un signal d’innovation et attirer une nouvelle catégorie d’investisseurs.
Le Bitcoin reste un actif très volatile, souvent corrélé aux marchés technologiques et aux conditions de liquidité mondiale. Il ne se comporte donc pas toujours comme une couverture contre l’inflation. De plus, investir un petit pourcentage de la trésorerie en Bitcoin n’a pas le même sens que faire du Bitcoin l’actif principal du bilan. Plus l’exposition est importante, plus les investisseurs achètent indirectement une exposition au Bitcoin plutôt qu’une entreprise opérationnelle.
Les contre-arguments sont donc importants : volatilité, risque de perte, incertitude réglementaire, traitement comptable complexe et difficulté de valorisation. Même si le Bitcoin est liquide en théorie, vendre dans une période de panique peut entraîner des pertes significatives. La vraie question n’est donc pas seulement de savoir si l’entreprise peut vendre ses bitcoins, mais si elle peut le faire sans détruire de valeur au moment où elle a besoin de trésorerie.
En conclusion, investir une partie de la trésorerie d’une entreprise en Bitcoin peut se défendre si l’exposition reste limitée, si la société dispose d’une trésorerie excédentaire, si les actionnaires sont correctement informés et si le Bitcoin est présenté comme un actif risqué, non comme un équivalent de cash. En revanche, cela devient beaucoup plus discutable lorsque l’entreprise s’endette pour acheter du Bitcoin, que l’activité opérationnelle devient secondaire ou que la valorisation de l’entreprise dépend principalement du cours du BTC.