En 1798, dans le Jura Suisse, la distillerie Dubie met au point une liqueur d'alcool à base d'anis vert et de grande absinthe, une plante riche en thuyone, molécule réputée pour ses vertus médicinales.
En 1805, Henri Pernod fonde une distillerie d'absinthe à Pontarlier. L'alcool favori des écrivains et des poètes devient très populaire, au point qu'il détrône le vin, victime, après 1865, des attaques du phylloxéra dans le vignoble français.
Le lobby viticole part en guerre contre l'absinthe et fait cause commune avec les ligues anti-alcooliques. Victoire totale : un décret de 1914 interdit tout alcool titrant plus de 16°, dont l'absinthe caracolant entre 68 et 90°.
A la fin des années 1920, Paul Ricard, fils d'un négociant en vin, commercialise à son nom et sous le manteau un alcool anisé, le futur pastis, officiellement créé et validé par les autorités en 1932. Beaucoup de fabricants de l'ancienne "fée verte" (l'autre nom de l'absinthe) imitent le marseillais, à commencer par le jurassien Pernod. C'est le début d'une guerre commerciale entre les deux marques jusqu'à leur fusion en 1975.
Pernod-Ricard s'est depuis diversifié, devenant le N° 2 mondial des spiritueux.