Les humains sont susceptibles d’éprouver une variété d’afflictions, mais ils sont généralement dotés d’une capacité de bonheur et de respectabilité. Toutefois, rien ne garantit qu’ils exerceront cette capacité en tout temps et au maximum, quoi qu’il arrive. La dépression et la honte demeurent une possibilité, qui augmente avec la sévérité de leurs afflictions et la difficulté de vivre à la hauteur des valeurs qui sont nécessaires à leur bonheur et à leur respectabilité : courage, efficacité, sagesse et noblesse.
Il n’est jamais facile de respecter ces valeurs, même dans des circonstances extrêmement favorables. Cela exige un effort de volonté. Faire ou ne pas faire cet effort est la question centrale de l’existence humaine. Cette question est difficile en proportion du poids de la souffrance qui pèse sur les humains, alors que leur dignité est en jeu. Plus ce poids est lourd, plus il est tentant pour eux de prendre la sortie facile. La crainte de perdre leur dignité, cependant, est un puissant moyen de dissuasion. Il n’y a pas de plus grande perte que celle de la dignité, sauf la perte de vie elle-même. Pourtant, la solution facile est une tentation très puissante dans des circonstances extrêmement défavorables Abandonner au lieu de vivre selon les valeurs mentionnées ci-dessus est alors déplorable mais compréhensible. Des circonstances atroces sont atténuantes.
Étonnamment, malgré le fardeau de la souffrance qui est oppressante pour beaucoup, l’incidence de l’effondrement moral – sous la forme de voies errantes comme l’insouciance, le vagabondage et la criminalité, souvent accompagnés d’abus d’alcool ou de drogues pour tromper la conscience, sont peu élevés en comparaison de l’incidence de comportements dignes de ce nom. En outre, un effondrement moral est réparable, sauf lorsque la personne concernée montre une faiblesse invétérée ou congénitale. Dans l’ensemble, la dignité peut être perdue et retrouvée.
Quant à ceux qui résistent à abandonner la lutte pour la dignité, ils font rarement de leur mieux. Dans de nombreux cas, leur esprit est entaché d’une certaine indulgence dans la paresse, la lâcheté, l’inefficacité, la folie, l’égoïsme et la méchanceté. Il a la grisaille de l’aube. Même ceux qui brillent comme un soleil de fin de matinée ont une ombre d’imperfection à leurs talons. Bref, l’humanité n’a pas encore atteint son plein potentiel. Bien qu’il y ait beaucoup de courage, d’efficacité, de sagesse et de noblesse dans le monde, beaucoup de bonheur et de respectabilité, il pourrait y en avoir beaucoup plus. La clé de cette montée est un effort de volonté.