Juillet 2011
Comme prévu, je n'avais pas fermé l'oeil de la nuit, trop excitée, stressée et impatiente à la fois.
La journée s'annonçait éprouvante.
Je quittai la maison vers 5 h pour rejoindre l'aéroport de Bastia - Poretta, cette fois-ci accompagner de mon mari, pour prendre le premier vol en direction de Marseille où un taxi devait nous attendre.
Arrivés à Marseille vers 9 h et le rendez-vous n'étant qu'à 14 h, c'est sur le vieux port qu'il nous déposa afin de profiter d'un bon petit déjeuner en terrasse à « La chope d'or » et de se détendre en attendant l'heure.
Ce fut en fait difficile de profiter du moment et mon mari étant d'une ponctualité maladive, c'est finalement vers 10 h que l'on se mettait en route pour rejoindre le métro qui nous mènerait en tout au plus 1/4 d'heure à l'hôpital de la Conception.
Une fois sur place et même si nous étions hyper en avance je préférai me présenter directement au consultation de PMA car je me doutai qu'il y aurait un minimum de démarches administratives à accomplir.
Le secrétariat m'indiqua qu'il fallait se rendre dans un autre bâtiment plus précisément aux consultations maternité afin de se faire enregistrer. C'était surement un petit détail auquel la plupart n'aurait pas fait attention mais il fit monter en moi, en un seconde une angoisse indescriptible.
Je vais devoir aller m’enregistrer en maternité, non mais il va y avoir plein de femmes enceintes !
A cette époque, j'avoue que j'avais vraiment du mal à croiser une femme enceinte.
Une fois arrivée dans le bâtiment, c'est dans un grand hall que se faisait l'attente après avoir récupérer un ticket qui indiquait qu'il y avait pas moins de 30 personnes avant moi.
Mes doutes se confirmèrent, elles étaient toutes enceintes, toutes avec d'énormes ventres et en fait tout le monde en dehors de moi était enceinte et voilée...
J'avais quand même essayé de me raisonner mais c'était incontrôlable et cela me faisait d'ailleurs beaucoup culpabiliser. Comment avec une nature gentille comme la mienne, je pouvais en venir à ressentir des sentiments si négatifs en voyant une femme enceinte. Le pire, c'est qu'avec le temps, cela s'était encore aggravé...
Une fois le précieux sésame les étiquettes en main, c'est tranquille que nous regagnions un restaurant chinois juste en face le l'hôpital afin de profiter agréablement de ce jour un peu particulier et d'attendre l'heure de la consultation.
Il était 13h45 quand je tendis les étiquettes à la secrétaire de la PMA qui allait créer un dossier, notre dossier, avec tous les renseignements administratifs nécessaires. Après avoir vérifié nos CNI (Carte Nationale d'Identité) elle nous invita à nous asseoir dans la salle d'attente. Il n'y avait en tout et pour tout deux femmes et je me sentis tout à coup soulagée à l'idée de ne pas avoir à patienter encore trop longtemps avant la consultation.
« Mr et Mme ...
— Oui, oui ».
Le médecin, une femme proche de la soixantaine, nous invita à nous asseoir. L'atmosphère était pesante, le cabinet sans lumière naturelle, très en désordre et tout ce mélange contribuait à donner un coté glauque à la consultation.
Elle me demanda d'expliquer ce qui nous amenait en consultation PMA. J'étais sure que nous allions avoir droit à cette question car je commençai malheureusement à avoir une certaine expérience, et je m'étais préparé un « petit résumé » pour être sure avec le stress, de ne rien oublier. Il y avait tout de même maintenant dix huit ans d'antécédents à passer au crible...
Après avoir mis tout au plus dix minutes pour raconter tout cela en essayant d'être claire et de ne pas trop me laisser envahir par mes émotions, c'est avec un désintérêt total qu'elle me répondit :
« vous avez informé Paris ? »
SI j'avais pu être complètement honnête et naturelle je lui aurais plus volontiers répondu,
« mais enfin vous ne m'avez pas du tout écouté ?
Je viens de vous dire que suite à notre première consultation à Paris, qui était juste une consultation d'informations, nous avions découvert lors du bilan sanguin, la maladie de mon mari et que nous avions tout stoppé... Donc en m'accordant juste un peu d'attention vous auriez eu votre réponse. Je n'ai pas eu besoin d'annuler à Paris et pour cause je n'ai jamais confirmé ! »
Au lieu de cela, je répondis, après avoir tourné sept fois ma langue dans ma bouche comme me l'avait si bien appris ma grand-mère et pris une grande respiration, « oui ».
Le fait qu'elle acquiesce me confirma, preuve, s'il en était besoin qu'elle ne m'écoutait vraiment pas beaucoup.
Elle me demanda ensuite si j'avais le dossier médical et sembla surprise que je lui tende nos volumineuses pochettes. Elle pris le temps de consulter les documents et souhaita, malgré la présence d'une échographie de moins d'une semaine dans mon dossier, en pratiquer encore une. Evidemment comme pour les précédentes, elles mis une plombe pour trouver mes ovaires et pour cause avec ma ménopause déjà bien avancée, ils se faisaient de plus en plus discrets.
Elle ne constata évidemment rien de plus, de nouveau ou de moins que ce qui semblait effectivement montrer une ménopause...
Après nous avoir expliqué qu'en plus du dossier que je venais de lui remettre, elle avait besoin de deux ou trois petites choses en plus, elle nous annonça le déroulement et les délais.
Sur le fonctionnement, je fus surprise par l'existence d'une commission où les dossiers étaient étudiés. Elle n'en dit pas plus sur l'intérêt de cette dernière ni son importance mais je compris que c'était un passage obligé et que la prochaine se déroulerait dans un peu plus d'un mois.
Concernant le délai pour bénéficier d'un don, dans la mesure où nous avions une donneuse, il fallait attendre un an.
Waouh, même si cela restait long, c'était 1/3 de temps de moins qu'à Paris il y a deux ans. J'étais aux anges.
D'un commun accord, nous nous étions entendu sur le fait de ne pas dire au médecin que, pour l'instant nous n'avions pas de donneuse.
Le temps de tout mettre en place et surtout de trouver notre fée, je serai surement tellement occupée que peut-être je ne verrai pas le temps passer.
C'était l'esprit dans lequel je m'étais mise afin de rendre cette attente moins pénible, moins douloureuse.
Ce rendez-vous m'avait redonné de l'espoir, j'avais des étoiles plein les yeux et je me disai que forte de cet état d'esprit, il serait moins compliqué de trouver une donneuse.
Nous avions désormais une seule priorité, un seul objectif, une pensée qui obnubilait mes jours et mes nuits,
Dès le lendemain et après une grasse matinée bien méritée, je m'empressai d'appeler ma cousine, Marjorie afin de tout lui raconter et surtout d'obtenir des conseils sur la façon dont elle procéderait si elle était à ma place...
De notre conservation, je retins :
- qu'il fallait que je prenne en considération qu'en demandant à la famille, à mes amies que la réponse pourrait être, non ! et qu'elle ne pensait pas que je puisse entendre et « encaisser » cette réponse ;
- qu'il lui semblait qu'il était plus « simple » de faire appel à des inconnues quittent à pourquoi pas proposer une compensation financière.
J'avais hâte que mon mari rentre afin que nous décidions de la façon dont nous allions procéder, et qu'enfin on passe à l'action.
ll va falloir patienter pour la suite, en espérant que cela vous a plu, permis de réfléchir, et surtout permis d’en savoir plus sur la PMA avec don d’ovocytes.
A bientôt les Steemiens.
Miss Crypto
Pour aller plus loin, voici quelques articles que j'ai sélectionné avec beaucoup de soins :
- Diaspora africaine : recherche dons d’ovocytes désespérément / Article Le Monde
- Le don d'ovocytes, la réalité méconnue / Article Le Monde
- Plus de dons d’ovocytes et de spermatozoïdes pour répondre aux besoins des couples confrontés à une infertilité médicale / Article de l'Agence de la Biomédecine
- FIV avec don d’ovocytes: Qu’est-ce que c’est et comment ça fonctionne ? / Communauté d'aide à la PMA