Qui n'a jamais rêvé de partir en voyage sur un grand paquebot géant, sillonnant la Grèce ou les Antilles, et pourquoi pas l'Alaska ? Ayant été agent de voyage quelques années, nous vendions des croisières. À l'époque, je ne me posais pas de question sur l'éthique de ce type de voyage.
Aujourd'hui je sais que ces bateaux de croisière sont l’une des menaces majeures de notre biodiversité. Ces mini-villes flottantes carburant au mazout lourd, un restant de diesel et d’essence ordinaire. Un bateau à lui seul utilise jusqu'à 150 tonnes de ce carburant ultra polluant chaque jour.
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Une étude anglaise a dressé un portrait alarmant à propos de ces paquebots en lien avec la pollution de l’air. Leurs émissions en une seule journée sont l’équivalant de 1 millions de voitures. Selon ce rapport, la pollution de l’air serait encore plus importante que la plupart des villes les plus polluées du monde. Pour vous donner une idée, sur certains bateaux, c’est 2 fois plus de particules ultrafines que l’on peut mesurer qu’au centre-ville de Londres. Grâce à une caméra infra-rouge, nous pouvons facilement percevoir une importante présence de dioxyde de carbone sortant des cheminées, un des gaz les plus nocifs et destructeurs sur les changements climatiques. Aussi, lors des escales aux ports, ces engins laissent leur moteur en marche pour permettre l’approvisionnement en électricité. En effectuant des tests, on a remarqué que les émissions de particules fines polluante à ce moment sont 4 fois plus élevées lorsque le bateau quitte le port. Ces particules étant si fines, elles peuvent facilement pénétrer la peau, atteignant même le sang. À force d’être en contact avec cette pollution, on peut développer de graves problèmes respiratoires et autres problèmes de santé comme on a pu le constater dans un précèdent article. On est donc porté à croire qu’il est plus nocif pour notre santé cardiovasculaire et respiratoire en habitant à proximité d’un port malheureusement. Et que dire des croisiéristes et du personnel de bord étant en contact avec ces polluants chaque jour.
De plus, un grave problème est que dans certaines régions du globe, ils sont exempts du programme du contrôle des rejets de la loi prépondérante de la lutte contre la pollution de l’eau, le clean water act américain (loi fédérale américaine adoptée en 1972). Donc en plus des émissions, il y a le problème du rejet des eaux usées, les eaux noires dans les océans. Un bateau de croisière produit jusqu’à 120,000 litres d’eaux usées et 28,000 litres d’eau huileuse provenant des cales dans une seule journée ! En plus, ils ont le droit de rejeter les eaux de leurs égouts jusqu’à 5km des rivages. On imagine donc le ravage sur nos cours d’eau et la menace envers la biodiversité.
Il y a heureusement de l’amélioration sur leurs empreintes écologiques. Mais cela reste malheureux que ça soit sous l’impact de l’opinion publique et de la pression des environnementalistes que ces entreprises décident de se doter de mesures plus écologiques. Nous pouvons voir par exemple au niveau des déchets du triage, de l’incinération, voir même du compactage dans des espaces réservés à cet effet. Depuis 2015, puisque des lois obligent à utiliser des combustibles légers à l’escale pour ces navires. Nous constatons une diminution de 40% le taux d’émission dans certaines régions du globe. Évidemment, ce n'est pas partout dans le monde où ils peuvent rejeter leurs déchets si près des rivages. À Vancouver au Canada, les ports sont dotés d'un système d'alimentation électrique ce qui permets aux bateaux de couper leur moteurs. Il y aussi des dispositifs qui permettent de filtrer les émission de dioxyde de souffre et des particules présentes dans les gaz d'échappement.
Dans tous les cas, si nous désirons découvrir une région de ce monde, je doute que la croisière soit le choix le plus écologique.
Sources :
https://www.domsweb.org/ecolo/croisieres.php, consulté le 2018-08-19
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1045778/pollution-croisiere-port-soufre-particule, consulté le 2018-08-19
https://oceana.org/?id=91, consulté le 2018-08-19
https://www.ledevoir.com/vivre/voyage/292277/la-mer-a-voir-et-a-proteger, consulté le 2018-08-19