Dans le cadre du challenge de la Fête de la Science proposé par , je vous partage ce que j’ai déniché sur le thème des fake-news.
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Je me suis particulièrement attardée à l’appellation «FAKE SCIENCE» qu’on entend de plus en plus également et qui semble nuire de façon pernicieuse à la réputation de la science.
J'ai appris à travers mes lectures qu’une enquête effectuée auprès d’une vingtaine de médias internationaux, avait mise en lumière des pratiques douteuses de la part de certaines revues scientifiques.
On mentionne que depuis quelques années des organisations créent de faussent revues scientifiques dans lesquelles on y publie des travaux de recherche manquant de rigueur, et parfois même carrément farfelus.
Ces revues peu fiables au plan scientifique souvent établies en Turquie, en Inde ou en Chine, seraient en plein essor, développant un monde scientifique en marge. Environ 10,000 de ces revues dites « revues prédatrices » existeraient déjà. Le risque de confusion demeure élevé, car pour les néophytes, et même parfois le plus aguerri des scientifiques, la présentation des articles habilement composés, les font paraître tout à fait crédibles. On accroche les lecteurs en leur présentant des travaux sur des sujets qui préoccupent la population et/ou les entreprises (ex. antivaccins, fausses études cliniques pour des médicaments), tablant sur des aspects émotifs, attrayants ou encore tendances socialement.
Deux facteurs auraient apparemment causé cette expansion :
- La lutte légitime contre le monopole des revues scientifiques dites «classiques» afin d’encourager le libre accès (open access) aux résultats de recherche.
Cela a favorisé la croissance des nouvelles revues scientifiques basée sur le principe du «publieur-payeur» ; les institutions de recherches payant pour être publiées et les revues leur donnant accès aux travaux publiés.
La tentation est forte considérant les prix faramineux de la commercialisation des articles scientifiques par les revues classiques.
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- Les revues « prédatrices » désirant augmenter leurs revenus rapidement, diminuent fréquemment leurs normes de rigueur, acceptant de publier des articles sans qu’ils aient préalablement passés par un processus d’examen (ex. « peer review ») .
De plus, ces revues en libre accès (open access), profitent du fait que les chercheurs soient reconnus davantage selon le nombre d’articles publiés plutôt que par la valeur associée à ceux-ci.
Soumettre son travail à une revue prédatrice garantit presque toujours une publication très rapide.
La France est un des pays qui a réagi pour tenter de contrer ce phénomène. Son ministère de la Recherche a fait la promotion d'une "liste blanche" de revues de meilleure qualité.
Il restera dans l’avenir à conscientiser les acteurs responsables de l’évaluation de la recherche mondiale, à faire en sorte de privilégier la qualité vs la quantité, afin de préserver à long terme l’intégrité de la production scientifique.
Les divers médias d’informations reconnaissent de plus en plus le terme «fake science» pour parler et dénoncer ces revues scientifiques douteuses.
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FAKE NEWS versus FAKE SCIENCE !
« Les fake news sont destinées à tromper le public, tandis que l’expression fake science désigne ceux qui divulguent de faux résultats scientifiques. »
Les victimes s’avèrent bien souvent les chercheurs eux-mêmes, qui n’auraient pas de prime abord l’intention de falsifier leurs résultats. Ce serait la pression créée par le coût faramineux des droits d’accès aux revues et les longs délais de publication qui influenceraient fortement les scientifiques.
Il faut savoir qu’il existe aussi des revues en « open access » crédibles, ce n’est cependant pas simple de les différencier.
Ce qui veut dire que pour avoir accès à des données scientifiques probantes de qualité, il devient impératif de mieux connaître les constituants propres à la recherche scientifique.
Mais comment nous assurer d’être en mesure de détecter les études sérieuses à travers cette mer de publications scientifiques de qualité variable ?
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Voici quelques critères vous permettant d’évaluer la fiabilité d’une publication scientifique.
Qui a publié l’article ?
Elle devrait avoir été produite par une organisation connue et réputée. Idéalement, de nombreux professionnels ont contribué à la création de la source. Scientifiques et institutions habilités à se prononcer sur le sujet.
Par quel média ?
Publiée sur un support médiatique professionnel/connu/réputé. Les revues scientifiques avec un processus strict de revue par les pairs. Avec examen minutieux et indépendant d’autres experts qualifiés et ceci, avant leur publication.
Est-elle impartiale et objective ?
Elle ne contient aucun parti-pris et expose des arguments et des points de vue adéquats portant à la fois sur le pour et le contre. Quelle est la taille de l’échantillon ? Parle-t-on de « causalité » ou de « corrélation » ? (lorsque deux événements se produisent au même moment, cela ne veut pas dire que l’une a occasionné l’autre.) Qui a financé la recherche (conflit d’intérêts) ? Qu’en pense la communauté scientifique ?
Est-elle de qualité ?
La source doit être hautement professionnelle et convaincante. Elle doit contenir suffisamment d’informations pour exposer clairement les points de vue et les faits en les appuyant sur une argumentation détaillée.
En complément
Une petite vidéo toute en légèreté de Cécile Michaut ( journaliste scientifique / formatrice en vulgarisation / spécialiste en communication scientifique.)
"Le plus noble prix de la science est le plaisir d'éclairer l'ignorance."
- Citation de Charles-Irénée Castel de Saint-Pierre
Alors amis Steemiens, soyons vigilants et poursuivons notre quête de savoir avec hardiesse et rigueur. :)
Tourlou !
Sources :
- https://www.sceptiques.qc.ca/quackwatch/sciencevspseudosc.php
- https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/07/19/la-gangrene-de-la-fausse-science_5333560_3232.html
- https://www.pourlascience.fr/sd/science-societe/fake-science-une-etiquette-qui-va-nuire-a-la-science-14415.php
- https://fr.africacheck.org/factsheets/guide-7-etapes-pour-detecter-les-fausses-decouvertes-scientifiques/
- http://www.csdecou.qc.ca/ecolesecondairerochebelle/files/2012/09/pp_grille_fiabilite_des_sources.pdf
- https://www.bibl.ulaval.ca/infosphere/sciences_humaines/evaeva1.html