Aujourd’hui j’écris mon article à partir de la vidéo 1 de Mycelliums, titrée : la zététique.
les affirmations gratuites, les explications pourries… ce que nous appelons ici : les arguments moisis.
25 moisissures argumentatives pour élections et autres concours de mauvaise foi.
Nous avons tous à voir, entendre ou lire, régulièrement les arguments de tout un chacun… Personnellement, j’avoue : je ne sais pas bien comment tout ça fonctionne. A l’instinct je suis capable de repérer certaines formules qui me paraissent douteuses ; et avec un peu d’expérience (puisque j’ai déjà entendu parler des arguments moisis) il peut m’arriver d’en reconnaître… Mais j’ai encore du travail à faire pour maitriser ça correctement.
Vous venez apprendre ça avec moi ? Ou partager votre savoir, vos interrogations, vos doutes : ça marche aussi. 🙂
Il ne suffit pas de dire n’importe quoi pour avoir raison.la zététique s’attache à nous donner les moyens de voir et comprendre quand, justement, certains (et cela peut arriver à tout le monde) disent n’importe quoi. J
La zététique est une discipline scientifique.
En version courte elle est définie, par Henri Broch, comme étant : « l’art du doute ».
En version longue, vous avez Wikipédia. 🙂
Ce n’est pas tout nouveau, la zététique :
«Zététique» vient de l’adjectif grec zétètikós «qui aime chercher», «qui recherche», lequel est issu du verbe zétèin «chercher».
« Selon Emile Littré (1872), la Zététique est la « méthode dont on se sert pour pénétrer la raison des choses » et selon Pierre Larousse (1876) : « Zététique : se dit des méthodes de recherches scientifiques : méthode zététique». »
« Enseignée dès l’Antiquité (…) « Le nom de zététiques, qui signifie chercheurs, indique une nuance assez originale du scepticisme : c’est le scepticisme provisoire, c’est presque l’idée de Descartes considérant le doute comme un moyen, non comme une fin, comme un procédé préliminaire, non comme un résultat définitif ». Zetetique.net
« La petite maison d'édition Book-e-Book a créé (…),une nouvelle collection intitulée "Une chandelle dans les ténèbres" (…) cette collection a pour ambition de mettre la Zététique à la portée de tous. Plus qu'une connaissance, c'est une démarche qu'elle prône, une démarche intellectuelle accessible à tous et pouvant s'appliquer sur le terrain, concrètement, dans notre vie quotidienne. Il s'agit uniquement de partage. Partage d'une méthode à la portée de tous : la méthode scientifique.L'objectif étant de découvrir et d'apprendre. » zetetique.net
Donc : la zététique est une discipline scientifique, une philosophie des sciences définie par Henri Broch comme étant l’art du doute.
Il s’agit d’analyser les arguments et les explications. Et pour ce faire, des outils sont proposés.
Le premier, que nous verrons ici s’appelle : le rasoir d’Ockham ; pouvant également s’écrire « Occam ».
« Ce que le rasoir d’Ockham dit, c’est qu’il ne faut pas multiplier les théories inutilement. »
Lorsque plusieurs hypothèses sont en compétition, il faut privilégier la plus « simple », c’est à dire celle qui remet le moins en question ce que l’on sait déjà. (outils pour reflechir.fr)Ou de façon plus compréhensible : « Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? »
Ce principe se retrouve également sous le nom de KISS (Keep It Simple Stupid) « ne complique pas les choses » et s’utilise dans de nombreuses disciplines.
Il est possible de l’appeler également « principe de parcimonie »
Quark nous donne dans la vidéo une superbe explication de comment appliquer le rasoir d’Ockham. Et je vous engage à la visionner. J Elle dure 14 minutes.
Je trouve l’origine de cet exemple utilisé dans la vidéo de Quark, dans la thèse de Richard Monvoisin :
« Je vous donne le meilleur exemple que je connaisse, proféré par le sage Stanislas Baba Antczak : je mets un chat et une souris dans une boîte(…) »Les cours de Richard Monvoisin ; sa thèse.
Alors : j’ai pas mal fouiné mes sources. J’ai, bien sûr, visionné la vidéo de Quark… Et je ne trouve pas ça simple, pas du tout. 🙂
L’exemple que vous pouvez trouver dans la vidéo de Quark (avec quelques hypothèses supplémentaires), c’est celui proféré par le sage Stanislas Baba Antczak :
« Je mets un chat et une souris dans une boîte, je ferme, je secoue, et j’ouvre : il ne reste plus que le chat.Hypothèse 1 : des extraterrestres de la planète Mû ont voulu désintégrer la souris, mais elle s’est transformée en chat.
Le chat, de frayeur, est passé dans une autre dimension par effet Tunnel.
Hypothèse 2 : le chat a mangé la souris (sans dire bon appétit, ce qui est mal). »
Ce qu’explique Quark, c’est que dans l’hypothèse 2 : il suffit que le chat soit le prédateur naturel de la souris pour que ça fonctionne.
Dans la première, il faut qu’il existe des extra-terrestres, qu’ils viennent de la planète Mû (oui, celle-ci, pas une autre !), qu’ils puissent désintégrer une souris, qu’il soit possible de la transformer en chat… Ce qui fait beaucoup de prérequis comparé à l’hypothèse où le chat a mangé la souris.
… Et ici la réponse est facile parce que nous savons tous que les chats peuvent manger les souris et nous pouvons le vérifier « dans la vraie vie ». Mais quand nous ne connaissons rien du sujet, c’est là qu’il convient d’utiliser le rasoir d’Occam pour choisir l’hypothèse la plus simple… Ce qui ne signifie pas que ce soit nécessairement celle qui est vraie.
Faites simple : regardez la vidéo. J (Durée, 14 minutes ; pour rappel)
Et si vous avez deux minutes, voici un petit extrait de film, sympa : Le Rasoir d'Occam : science et croyances.
Autrement, voici une autre vidéo sur le sujet : Le Rasoir d'Ockham - Le Coup de Phil' #28 ; Petite vidéo de 5 minutes, qui fait bien le job.
Elle illustre ce que je pressentais : le rasoir d’Occam est un principe qu’on utilise tout le temps, même sans le connaître… Il me reste à trouver mes propres exemples…
Lorsque vous cherchez un objet demeurant introuvable, vous pensez : j’ai dû le mettre ailleurs qu’à sa place ; ou l’oublier à tel endroit.
Vous n’accréditez pas l’idée traversant votre tête que des esprits malins l’ont fait disparaître, que l’objet s’est déplacé tout seul en votre absence pour vous échapper, etc… Même si, parfois, en particulier pour les chaussettes (vous savez, la 2eme qui manque toujours à une paire) vous avez un sérieux doute : il se passe un truc pa(ra)normal ! 🙂 Vous savez quand même, que juste : ok. J’ignore où elle est passée et je ne comprends décidément pas comment il est possible d’en égarer tout le temps une ! 🙂
Lorsque vous ne trouvez pas un objet, votre conclusion est : c’est que ce que je cherche se trouve à un autre endroit !
Et bien c’est là une application habituelle du rasoir d’Occam : vous donnez crédit à l’hypothèse la plus simple (même si l’idée de monstres mangeurs de chaussettes est séduisante)
On privilégie l’explication la moins couteuse intellectuellement, celle qui demande le moins d’explications. Ce qui ne signifie pas qu’elle corresponde effectivement à la réalité.
Mais c’est celle-ci que nous privilégierons, que nous testerons en premier, par exemple.
Petite plaisanterie trouvée dans les commentaires d’une vidéo ; parce qu’elle me fait marrer :
« - "J'entends souvent parler du rasoir d'Ockham. Tu sais ce que c'est?"
"Ça doit probablement être un rasoir qui appartient à quelqu'un qui s'appelle Ockham."
"Ah ouais, ça doit sûrement être ça." »
C’est ça ! 🙂
Tout le monde peut faire de la zététique. C’est même « son but initial ». Du moins, c’est dans cette optique que Henri Broch ; a ouvert son cours à Nice.
L’idée étant d’offrir au plus de monde possible des outils de réflexion, adaptés à « toutes » les situations et permettant à chacun de se faire sa propre opinion :
« L'objectif de l'enseignement de Zététique est d'aboutir - via le support motivant des parasciences et des phénomènes "paranormaux" - à une compréhension de ce qu'est l'esprit critique, de ce qu'est la méthodologie scientifique, à une mise en forme de l'approche nécessaire pour qu'une hypothèse ou un résultat acquière le qualificatif "scientifique". Et cela sous une forme : a) accessible et b) facilement mémorisable. »
Utiliser le rasoir d’Occam, c’est choisir, parmi plusieurs hypothèses, la plus simple, la plus évidente, la moins couteuse intellectuellement, celle nécessitant le moins d’explications.
Au quotidien nous l’utilisons naturellement : nous savons « instinctivement » quelle explication convient à la plupart des événements de notre vie. En fait, il ne s’agit pas d’instinct, plutôt d’expérience : nous savons que telles causes produisent tels effets. Et nous allons au plus court pour pouvoir poursuivre le cours normal de nos activités.
Ici, il s’agit d’utiliser ce principe pour choisir le plus plausible dans diverses situations où ne connaissons pas tous les éléments : et nous privilégierons donc le plus simple. Cela nous permettra de nous faire une première idée, de trier les hypothèses. Nous nous souviendrons toutefois que ce n’est que cela : un moyen de trier, de choisir ce qui a le plus de chance, selon Ce critère de correspondre à la vérité.
Et nous nous souviendrons que cela ne nous donne pas Obligatoirement La Vérité.
- #ZTM_1 - Est-ce que tu connais ça ?
- Celui que vous venez de lire, ici.
- Bientôt. 🙂