J'aurais très bien pu continuer à vous conter mes péripéties concernant mon ancienne vie de marginal, sans toutefois m'attarder sur un sujet délicat à aborder et qui faisait parti du quotidien. Puisqu'au-delà de la découverte d'une certaine liberté, composé d’événements plus ou moins heureux, la question de la prise de substances modifiant la perception ainsi que l'humeur d'une personne reste un facteur omniprésent dans ce mode de vie bien particulier. Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, j'ai fait le choix de prendre quelques libertés en me détournant du schéma classique du récit épisodique. Cela dans le but de vous proposer une aparté qui traitera de ma relation, à la fois récréative et conflictuel, de ma consommation de stupéfiants. Que l'on ne s'y méprenne pas, il n'est point question ici de promouvoir l'usage de quoi que ce soit ! Bien au contraire, il s'agit la d'un témoignage d'une vie passé ou la prise et surtout l'abus de produits, s’avérant plus toxique que bénéfique, vous permettra, je l'espère, de vous informer mais aussi de vous faire un avis sur la question à travers chacune de mes expériences. Fort heureusement, je me suis émancipé de tout cela ! C'est donc avec un regard critique et personnel que je me plonge une nouvelle fois dans le passé, en vous proposant ce petit glossaire qui sera réalisé de manière chronologique.
- Colle / Dissolvant : Mes premiers émois au sein d'un état second ont débuté avec l'utilisation de produits domestiques relativement accessible pour un enfant alors âgé de 13 ans. En vente libre dans les épiceries et les supermarchés, disponible à un prix défiant toute concurrence, les dissolvants m'ont permis de me rendre compte que l'on pouvait atteindre un autre état de conscience, ou plutôt devrais-je dire d'inconscience. Consommé en groupe, déversés dans un morceau de mouchoir, l'inhalation de ce genre de produit donne une sensation agréable au premier abord. Les muscles se détendent et se relâchent, la vision se trouble jusqu'à former un ensemble difforme et imperceptible. Toutefois, l'abus de cette prise peut vite s'avérer fort désagréable, provoquant céphalées mais aussi une irritation assez prononcé de la peau. Après quelques tests récurrents, on se rend vite compte du danger potentiel de l'usage chronique de dissolvants, les vapeurs pétro-chimiques peuvent vite attaquer le système nerveux. Instinctivement, on s'en désintéresse rapidement pour trouver des alternatives plus respectueuse de sa propre intégrité.
- Alcool : Difficile de faire l'impasse sur la consommation de ce liquide fermenté ou distillé provoquant euphorie, ivresse et parfois état dépressif. Ma première cuite remonte à l'age de 14 ans, lors d'une célébration organisé par les soins de mon Oncle. En compagnie de mes cousins, nous avions subtilisés l'équivalent d'une bouteille de Martini, deux litres de sangria et un peu de pastis. Autant dire qu'il ne fallait pas être devin pour comprendre l'ampleur des dégâts après avoir ingurgité autant d'alcools ! Après l'ivresse et la sensation de détente viennent les effets indésirables. Impossible de se tenir debout et d'assurer une démarche convenable ainsi que de tenir des propos cohérents. Je fus dans un état plus que lamentable et fort désagréable, se soldant par la régurgitation de mon repas sur la garde robe de mon Oncle ! Passé cet épisode peu reluisant, ma consommation d'alcool fut plus que maîtrisé, bien que des soirées très arrosés m'aient fait atteindre des états totalement lamentables. On sous-estime bien trop les effets néfastes de l'alcool sur la santé et la psyché des personnes. Combiné avec la prise d'autres psychotropes, les sensations peuvent en être décuplés. Au point de vue des conséquences, je peux vous assurer que cela peut être bien pire que certaines autres substances totalement bannis par nos sociétés. Chez certains, la dépendance peut atteindre des niveaux bien supérieurs à une prise régulière d' héroïne, sans parler de la tolérance qui s’accroît bien plus rapidement que l'on ne le pense... Oui, l’alcool est l'une des drogues les plus durs qui puissent exister.
- Cannabis : Sa consommation occasionnel fut pour moi une révélation, à tel point qu'elle devint au fur et à mesure chronique. Je me remémore encore, avec un œil amusé, des premiers fous rires et situations absurdes provoqué par les quelques bouffés de haschich marocain que nous nous délections entres amis. Bien entendu, les premiers abus se soldèrent par des sentiments de malaises, frissons ou autres moments de paranos. C'est en contrôlant sa consommation de manière raisonnable que j'ai appris à savourer les effets euphorique du cannabis. Conviviale, la substance peut vite devenir source de frustration et de dépendance. Dire que le chanvre ne provoque pas d'accoutumance est une véritable bêtise, tant il devient difficile de s'en passer. Ceci dit, le cannabis a la faculté de rendre amorphe si l'on tombe dans l’excès. Plus aucune motivation, ni envie, si ce n'est de ne pas quitter son canapé et de se laisser gagner par l’oisiveté. Toutefois, consommé à bon escient la beuh m'a permis de trouver, à de nombreuses reprises, l'inspiration que ce sois sous forme artistique ou intellectuel. Difficile à croire, mais fumer de manière répété m'a donné l'envie d'écrire ou de développer mon intérêt ainsi que mon gout pour la recherche sur certains sujets. En contre parti celle ci donne faim, très faim. Il n'est pas rare de dévaliser son frigo ou bien de manger de façon gargantuesque au kébab du coin ! L'expression : "Rien n’est poison, tout est poison : seule la dose fait le poison" s'applique merveilleusement bien au cannabis, ce n'est pas sa prise modéré qui peut être dangereux mais sa consommation excessive. A titre personnel, l'herbe m'a permis de sortir de mon addiction lié à certaines substances très néfastes... Il m'arrive encore d'en consommer pas plus de trois à quatre fois durant l'année.
- LSD / psilocybines : Je ne garde pas forcément un très bon souvenir des hallucinogènes, car selon moi il s'agit la d'un amplificateur de conscience et d'inconscience. Les premières expérimentations furent toutefois agréables. Je me souviens d'un buvard (Tomato) partagé avec un ami qui ne nous a donné aucun répit ! Hilarité générale, sans pour autant profiter de visions extraordinaires, avec une crampe assez prononcé au niveau des mâchoires puisque l'on ne pouvait s’empêcher de rire de tout et de rien ! En fréquentant le milieu underground, je me mis à découvrir la micropoint, un support en forme de mine de crayon, mais aussi toutes les variétés différentes allant des buvards comprenant multiples logos (chapelier fou, Bart Simpson, Timothy Leary, Hoffman anniversaire), à la goutte déposé sur un morceau de sucre. Concrètement le but est de faire fondre le support sur votre langue ou palais. La montée est assez étrange et il n'est pas rare de sentir parfois un peu d'inquiétude. Le plus gros voyage que j'ai pu effectuer se matérialisait par la survenu de formes géométriques, se formant sur les visages ainsi que les formes planes que je fixais alors du regard. Faire l'amour sous LSD est une chose indescriptible, nous avions l'impression de ne former plus qu'une seule entité ! J'ai fait également les frais d'un bad trip assez marquant, ou j'avais le sentiment d’être constamment observé et moqué par les personnes alors autour de moi. Fort heureusement ce ne fut sans conséquence, puisqu'il faut le savoir, il existe un fort risque de ne pas ressortir indemne de son trip. De nombreux problèmes neurologiques, psychiatriques et un fort risque de compensation peut alors se déclencher sans raison apparente. En guise de témoignage, j'ai pu apercevoir un de mes amis proche rester bloquer dans son délire, ne reconnaissant aucune personne avec qui il avait tissé des liens. Le dernier souvenir que j'ai de lui, provient d'une de nos visites en hopital psychiatrique... Je ne pense sincèrement pas que cet état soit survenu avec la consommation d'un seul trip mais plutôt de l'usage répété de toutes sortes de drogues. Le LSD fut un élément déclencheur, on ne joue pas impunément avec son esprit...
- Amphétamine / Extasy / MDMA : Forts stimulants et psychotropes assez puissants dans l'ensemble, je tombis rapidement dans l'enfer de l'addiction avec la venue de ces différentes molécules dans ma vie. Et plus particulièrement avec les amphets. Source de bien être, les taz ainsi que le MDMA procure une sensation d'harmonie et d'empathie avec le monde qui vous entoure. Vous vous sentez pousser des ailes ! Aborder et intéragir avec des inconnues devient bien plus facile. Les mots sortent tous seuls et la fatigue est balayé d'un revers de la main. Le speed quand à lui, procure plus ou moins les mêmes caractéristiques, à la différence près qu'il vous tient éveillé bien plus longtemps et permet de repousser vos limites physiques. Cependant, les effets secondaire comme une tension musculaire importante de la mâchoire ( on mâchouillait des sucettes pour éviter de se briser les dents) ainsi qu'une déshydratation assez prononcé, impliquait un minimum d'organisation pour ne pas en payer le prix. Le speed m'a permis de tenir près d'une semaine éveillé lors d'un Teknival qui se déroulait alors à Rodez en 2001. Vous en conviendrez que la récupération fut assez rude, se concluant ni plus ni moins par un sommeil prolongé de 24h en continu... Cette chaleur, ce bien être, l'éveil mais aussi la sensation de se sentir au mieux de ces capacités m'a incité à consommer d'avantages d'amphétamines. Plus j'en prenais, plus mon état se détériorait : perte de poids excessif car excellent coupe-faim (j'ai du perdre bien 20kg en l'espace de deux ou trois mois), éruption et infection cutanée à cause de démangeaisons intensifs, irritabilité et agressivité, système immunitaire défaillant. Ce n'est que grâce à l'aide d'amis bienveillants que je me suis débarrassé de cette consommation outrancière qui m'apporté plus de désagréments qu'autres choses...
- Cocaïne / Héroïne / Rachacha : Stimulant pour l'un, auquel j'ai trouvé très peu d’intérêt dans ses effets, si ce n'est son prix prohibitif qui finira par me dissuader de me lancer dans l'achat de cette poudre. L’héroïne quand à elle m'en a dégoûté (ce qui est finalement une bonne chose) à deux reprises, provoquant assoupissement incontrôlable et vomissements à multiples reprises. Rassurez-vous, je n'ai fait que sniffer ! La vue d'une simple seringue m'horripilé au plus haut point ! C'est donc avec ces deux expériences désagréables que j'ai délaissé ces deux drogues iconiques qui font toujours autant de ravages de par le monde. La rachacha est une décoction issu du pavot, se présentant sous forme d'huile à étaler généralement sur une cigarette. Utilisé surtout durant les descentes un peu pénibles d'autre produit, la rach dispose d'un gout assez amer et peu appréciable. Bref, c'est clairement pas la panacée et je n'en ai trouvé aucun intérêt !
Comme je l'ai mentionné en guise de préambule, toute cette vie de débauche n'est plus que du passé. En prenant du recul, je me rends compte de mes erreurs et de mon inconscience dans ces prises de risques. Tout cela juste dans l'optique de passer un bon moment ou de fuir une réalité trop morne, sans artifice ni saveur. Il existe bien d'autres choses que j'ai vu circuler, comme par exemple la kétamine. Cependant, les effets observés sur autrui me rebutait plus que tout d'en utiliser. Cet article n'est pas qu'un simple partage de connaissance évasif. Je le considère comme une forme d'expression qui me permet d’exorciser mes démons les plus profondément enfouis. Bien entendu, je garde une partie de tout cela pour moi. Ce témoignage restera à tout jamais gravé dans la blockchain. Je n'en suis pas fier mais je ne m'en cache pas. Ce serait une erreur de refouler et de rejeter ce cours passage de mon histoire... Vivez votre vie intensément sans aucun regret et sachez faire la paix avec vous même !
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