Depuis quelques semaines, je pataugeais en tentant de mener plusieurs projets de front. J’ai décidé de prendre un peu plus d'une semaine pour ranger un peu le bordel qui s’était installé, dans la maison et dans mes pensées.
C’est à ce moment là que @Happydaddyfr a lancé son défi minimaliste du mois de juin.
[Source: Pixabay]]
Sur le coup, je me suis dit :
- Chouette! C’est l’occasion rêvée de faire du ménage, de me débarrasser de ce qui traine et de m’engager un peu plus à fond dans ma démarche de réduction de nos déchets. D’autant plus que les derniers mois, je n'ai pas beaucoup progressé sur ce point!
J’ai donc fait le tour de la maison, ouvert les placards, regardé autour de moi, fait mon inventaire mental de ce que nous possédons, de ce dont on pouvait se débarrasser…
- Au premier passage: La frustration: Ouh là, les enfants, mais y'a de ces trucs qui trainent!!!
- Au deuxième passage: La perplexité. Il me semble qu'on ne peut pas se défaire de beaucoup de choses! Comment vais-je faire pour atteindre mon objectif minimaliste?
- Au troisième passage: La compréhension et l'acceptation. Les choses qui nous entourent sont imprégnées de signification. Non, je ne peux pas me défaire comme ça de toutes nos possessions. Au final, le minimalisme, pour l’instant, ce n’est pas pour nous.
Qu’est-ce que le minimalisme exactement ?
[Source: Pixabay]]
C'est un peu la tendance du moment. Dès que l'on parle écologie, Zéro Déchet, recyclage, etc, le minimalisme vient "pointer le bout de son nez". Les témoignages et les astuces pullulent sur Internet: comment devenir minimaliste en une semaine, 10 étapes pour devenir minimaliste ou encore de nombreuses vidéos "j'ai testé le minimalisme pendant 1 semaine, 1 mois, 1 an, une vie"...
Je pense qu’il y a une certaine logique à ce mouvement.
Dans une société de surconsommation, où le jetable est devenue la « norme », où l'usure programmée ne choque même plus, où les derniers modèles technologiques sortent plus vite les uns que les autres, où la publicité sait mieux que nous ce dont nous avons vraiment besoin... Il me semble tout à fait normal (et sain) de vouloir se détacher de ces faux besoins matériels pour se recentrer sur l’essentiel.
«L’idéal » du minimalisme, se serait de vivre sans objet… ou presque. Uniquement l’essentiel, rien de plus. Fini les déco, les fioritures, les souvenirs, les penderies bien garnies, les 20 paires de chaussures, etc.
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Après, je pense que c’est à chacun de voir comment il peut et VEUT atteindre cet état de minimalisme… Passer d’un logement bien garni à un endroit totalement épuré n’est pas forcément l’idéal de chacun.
Je pense aussi (oui, je sais, je pense beaucoup...) qu’il faut surtout, à un moment, se demander pourquoi on a accumulé toutes ces choses ? Quel sens on donne à ces possessions ? En quoi améliore t-elle ou non notre qualité de vie? Notre quotidien ? Et quelle signification cela aurait de s’en défaire ?
Une petite rétrospective était donc de mise
Quand on grandit dans une famille nombreuse, il y a une notion très importante que l'on apprend: le partage. On n'a « pas vraiment le choix » pour être honnête puisqu'on partage quasiment tout: chambre, jeux, vêtements, temps de télé, d’ordi, d'attention parentale, etc. La notion de « possession personnelle » prend donc un sens très particulier.
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En rentrant sur le marché du travail, acquérir des biens matériels est devenue une forme « d’accomplissement personnel ». Chaque chose que j’achetais était comme une nouvelle étape dans ma vie d’adulte.
Pourtant, à 25 ans, j’ai tout laissé derrière moi et je suis partie pour la Suisse, avec simplement une valise et un bagage de cabine. Vivant seule et voyageant beaucoup, j’ai vécu pendant 7 ans dans de petits logements. Disons que j'ai un peu testé le minimalisme sans savoir ce que c'était.
Bon je l'avoue, j'ai quand même réussi à accumuler pas mal de "petits souvenirs" de mes voyages. Je suis plutôt du type « écureuil » que minimaliste!
Puis, j'ai rejoint mon homme et nous avons déménagé... très souvent. Déménagement rime avec « tri » et en conséquent, les biens non utilisés étaient plus facilement abandonnés derrière nous.
Et aujourd’hui…
[Source: Moi]]
Je sais que certaines choses me sont complètement inutiles en ce moment. Depuis quelques années, j'ai un peu de mal à m'organiser des temps de loisirs... Pourtant, il est important pour moi de les conserver : ça me donne l’espoir qu’un jour, je pourrai me remettre à mes passions.
Il y a aussi les jouets des enfants. Si je tentais de faire le tri, je devrais faire face à une impressionnante levée de bouclier! Aussi surprenant que ça puisse paraître et malgré la quantité qu'ils possèdent, ils jouent avec quasiment tout ce qu'ils ont! Et en quelque part, je trouve que c'est aussi à eux de décider ce dont ils veulent se séparer... donc, ça, ça attendra encore un peu.
Enfin, je ne vis pas seule dans cette maison et nous n'accordons pas tous la même importance à ces biens matériels. Pour le reste, c'est une décision que nous devrons prendre tous ensemble, si on veut que les choses se passent de façon harmonieuse.
Pas de minimalisme, mais un bon gros ménage en cours
J’ai quand même fait du ménage: je me suis débarrassée de vêtements trop petits depuis très longtemps, mais que je gardais toujours dans l’espoir que… qui sait un jour ? Pareil pour les chaussures.
Soyons honnête, il y a quand même peu de chances que mes pieds rétrécissent!
[Source: Moi]]
J’ai jeté des produits de parapharmacie et de pharmacie qu’on n’utilisera jamais ou qui sont périmé; envoyé à la déchèterie de petits électroménagers qui ne fonctionnait plus ou datait de Mathusalem; mis au recyclage des boites qui trainaient; etc.
J’ai aussi encouragé notre ainé à donner de petits jeux inutiles qui trainent partout (les oeufs Kinder, vous connaissez?) à des copains. Après tout, il rapporte constamment des choses que des copains lui ont donné, pourquoi ne ferait-il pas pareil ?
Bref, du ménage, du tri, on débarrasse le superflu, mais de là à parler de minimalisme ? Non, pas pour moi, pas dans le sens que je le conçois.
Conclusion
Si au départ, j’ai eu le sentiment de ne pas avoir réussi à relever le défi « minimalisme », j’ai par contre le sentiment d’avoir fait un énorme tri dans ma tête.
Je ne suis pas tellement attachée aux biens matériels que nous possédons, mais plutôt à leur signification. Je pourrais aisément partir sans rien... je n'ai juste pas envie de vivre sans rien.
[Source: Pixabay]]
J’ai besoin de murs habillés, d’étagères et de bibliothèques remplis d’éléments de vie, qui racontent notre histoire;
J’ai besoin de couleurs, de souvenirs qui ressurgissent quand je regarde ce qui m’entoure;
J'ai besoin de sentir l'ambiance que nous avons créé, de fil en aiguille, au fil du temps, au fil de nos choix;
Et pourtant... je ne veux pas de pièces encombrées, de bordel qui m'empêche de réfléchir sereinement;
Je ne veux pas que mes objectifs de vie se résument à posséder encore plus de biens;
Et surtout, je ne veux pas que ces objets m'empêchent de me concentrer sur le plus important: les êtres vivants.