La guerre aux chômeurs continue en France en 2018
Alors que les radiations administratives de chômeurs vont déjà bon train depuis quelques années en France, comme le montrent ces données datant de 2012 :
et que le nombre de demandeurs d'emploi non-indemnisés ou non-inscrits ne cesse de croître lui aussi, le gouvernement Macron veut accélérer la cadence. Doublement des sanctions, obligation de remplir un rapport d'activité, surveillance renforcée : les demandeurs d'emploi vont trinquer.
L'écart abyssal entre le nombre d'emplois disponibles en France et le nombre de demandeurs d'emploi explique à lui seul pourquoi un flicage de ces chômeurs fainéants ne changera rien en rien l'augmentation irrémédiable du chômage de masse inhérente aux sociétés ultra-libérales économiquement.
Pourtant le gouvernement s'entête à culpabiliser les chômeurs et, comme si cela n'était pas suffisant, à les sanctionner dans on ne sait quel but obscur. Une note confidentielle émanant du ministère du Travail que s'est procuré le "Canard Enchainé" récapitule les différentes sanctions envisagées.
Actuellement, en cas de recherche d'emploi insuffisante, de refus d'une action de formation ou d'une aide pour trouver un job le chômeur se voit théoriquement infliger une sanction de 20% de son allocation chomage, pour une durée de deux à 6 mois. En cas de manquement répétés elle passe à 50% pour la même durée.
Grâce à la nouvelle reforme concoctée par le ministère du travail, la sanction, sera autrement plus sévère. Si Pôle emploi estime que la recherche d'emploi du chômeur est insuffisante, s'il refuse une formation ou s'il décline deux offres d’emploi jugées" raisonnables", ses allocations seront d'emblée réduites de 50% pour deux mois, voire une supprimées purement et simplement en cas de "récidive"pour la même durée.
Bien évidemment, cette note se garde bien de préciser ce qui justifie une "insuffisance de recherche d'emploi" ou une "offre d'emploi raisonnable" aux yeux de Pôle Emploi. Des détails surement...
Deuxième innovation majeure évoquée dans ce document de travail : chaque demandeur d'emploi sera bientôt tenu de remplir un rapport d'activité mensuel, listant l'ensemble des démarches effectuées pour son retour à l'emploi. Occupation on ne peut plus réjouissante pour ces présumés fainéants, vous en conviendrez.
L'idée est directement inspirée par ... Pierre Gattaz, notre ami du MEDEF...
Quand on se souvient des résultats sur les salaires et sur la courbe du chômage des réformes pronées par le MEDEF ces 20 dernières années, il y a de quoi se méfier de leurs propositions en terme d’efficacité sur l'emploi, à minima.
Le 17 octobre, lors d'une conférence de presse, le président du MEDEF suggérait "un contrôle journalier" des chômeurs... Coïncidence ?
Une des idées phares du gouvernement pour évaluer "l'intensité de la recherche d'emploi" de ceux qui n'en ont pas. L'objectif est d'aider les équipes chargées du contrôle de la "recherche effective d'emploi" au sein de Pôle Emploi à repérer les sans-emploi dont le rapport d'activité leur paraîtrait trop faible.
Dans cette optique, Macron va multiplier les effectifs de contrôleur ( 200 actuellement) par cinq en cinq ans.
Pour continuer d'inverser la courbe du chômage définitivement , les chômeurs oubliant de remplir leur rapport d'activité seront radiés de façon express. Humain et efficace...
L'année 2018 s'annonce radieuse en Macronie.