Un autre partage
POURQUOI LES FEMMES NE SOUFFRENT PAS DE L'INÉGALITÉ SALARIALE
Vous en avez marre d'entendre à longueur de journée geindre sur l'écart salarial ? Moi aussi. J'ai donc voulu, naïvement regarder par moi même ce qu'il en était. Ma conclusion, approuvée par l'INSEE, est qu'il n'existe pas (au sens où l'entendent les féministes, à savoir que la cause de cet écart serait le sexe).
Sauf que lorsque l'on regarde en détail ce qu'il en est de ce fameux "écart salarial" les hommes et les femmes, les choses sont un peu plus compliquées.
Dans l'absolu, il y'a bien, en moyenne, un écart de salaire entre hommes et femmes, en défaveur de ces dernières.*
Toutefois, de même que l'homme moyen, la femme moyenne n'existe pas, il s'agit là d'une abstraction statistique dont le but est de mettre au jour une corrélation entre deux variables (ici, sexe et salaire). Or l'erreur (ou la malhonnêteté pour certains) consiste à extrapoler ces corrélations pour en déduire une causalité: la femme gagne moins parce qu'elle est femme.
Sauf que pour prouver ce dernier point, il ne suffit pas de comparer des moyennes entre salaires féminins et masculins, mais il faut prendre en compte l'intégralité des variables qui peuvent expliquer cet écart (différence de profession, diplômes, ancienneté etc. etc.). L'écart observé ici s’explique notamment par le fait que les hommes sont plus représentés dans les professions à forte rémunération (ingénieurs par exemple) et les femmes dans les professions à plus faible rémunération (infirmières par exemple).
En fait, pour démontrer que l'inégalité salariale homme/femme est bien due au sexe, il faut parvenir à 1) observer des profils STRICTEMENT IDENTIQUES et 2) montrer qu'une décision à bien été prise de baisser le salaire de la femme parce qu'elle est une femme. Il faut donc parvenir à isoler la la variable sexuée.
Il est, comme on se l’imagine aisément, très difficile de parvenir à trouver deux profils identiques. L’INSEE n’y est pas parvenu**. Il a donc recouru à un stratagème méthodologique fort discutable (dont cependant, les limites sont reconnues).
Pour prouver qu’à profils identiques les inégalités subsisteraient, l’INSEE propose un modèle économétrique nommé “toutes choses égales par ailleurs“ qui doit « calculer l’écart qui subsisterait entre les salaires masculins et féminins si les profils des salariés et des salariées (âge, catégorie socioprofessionnelle, condition d’emploi) et des établissements dans lesquels ils et elles travaillent (secteur d’activité, taille, département d’implantation) étaient les mêmes. »
Cela est doublement problématique. D’abord il s’agit d’une hypothèse, d’une projection de l’ordre de l’hypothétique. Cette situation n'existe pas. Mais surtout, cela ne prouve rien car TOUS LES FACTEURS NE SONT PAS PRIS EN CONSIDÉRATION. Comme l’étude le précise : « L’expression ”toutes choses égales par ailleurs” est cependant abusive. D’autres caractéristiques des salariés, telles l’ancienneté, les interruptions de carrière, le type de contrat (CDI, CDD...) ou le niveau de diplôme, interviennent sur le niveau de rémunération et ne sont pas prises en compte, car absentes des fichiers de données utilisés. »
Il n’a pas été possible d’étudier deux profils identiques afin de prouver que les inégalités existeraient simplement par le fait de la variable sexe.
Ainsi, il n’est absolument pas rigoureux de parler d’inégalités salariales hommes/femmes en entendant par là qu’elles seraient dues à une discrimination de l’employeur en raison du sexe de l’employée.
*https://www.insee.fr/fr/statistiques/2407748#tableau-Donnes
**https://www.insee.fr/fr/statistiques/1290434#inter3