#uneimageuntexte est un challenge amateur permettant aux auteurs en herbe d’écrire leurs propres petites histoires.
Le principe est simple : une image choisie et postée par le maître du challenge sert d’inspiration aux participants qui imaginent une histoire de 1500 à 2000 mots maximum dans le style, le genre et l’esthétisme de leur choix. Tout est possible, la seule limite étant l’imagination !
À la fin du challenge, le maître choisi parmi les textes participants celui qu’il préfère personnellement et déclare son auteur vainqueur.
Le vainqueur devient le nouveau maître du challenge et choisi, à son tour, une image de son choix qui servira d’inspiration pour le challenge suivant.
Billet centralisé : https://staging.busy.org/@depereenfils/uneimageuntexte01
A chacun sa croix
Dieu était là sur son petit nuage et admirait la nature qu’il avait créé il y a quelques milliers d'années . Dieu qu’il était fier de contempler son œuvre et de pouvoir en profiter seul ! Oui, seul, car Dieu n’aimait pas la compagnie des hommes.
Etrange, me direz-vous, puisque c’est lui qui est à l’origine de leur création!
Et bien c’est comme cela ; parfois nous n’aimons pas ce que nous créons, nous sommes déçus, ça ne vous arrive jamais ?
Je sens que vous avez besoin d' explications !
Voici donc ce qui arriva à ce pauvre diable de Dieu pour qu'il en arrive à fuir les humains.
Il était une fois, pourrais-je dire, mais non, ce n’est pas un conte de fées !
Un jour, Dieu créa l’homme à son image. Ah voilà, ça c'est bien!
Entre-nous, je crois que ce jour là Dieu manquait totalement de modestie. C'était comme s'il se sentait tout puissant! Allons, allons, revenons à nos moutons.
« Une pure merveille, s'écria Dieu en contemplant l'homme et la femme qui venaient de s'éveiller. J'ai créé la perle qui manquait à la nature ! Comme cela est amusant, c’est la première fois que je ressens une telle excitation! »
Ce qu’il ignorait encore c’est qu’en mettant au monde des humains il donnait vie à sa propre image ou pour être plus précise à son propre lui-même. Les êtres humains étaient le miroir qui allait lui révéler ces propres défauts, et Dieu sait s’il en avait !
Cela prit quelques temps bien sûr, car le monde ne s’est pas fait en un jour, mais lorsque Dieu comprit ses erreurs il était trop tard. Les humains lui renvoyaient l’image d’un raté total. Il avait beau être Dieu, ce qui était fait était fait ! Même lui ne pouvait pas corriger cela. Plus le temps s’écoulait, plus les humains se multipliaient et plus Dieu détestait sa création. Hommes et femmes étaient farcies de sentiments divers et contradictoires qui le déstabilisaient complètement. Tous ces comportements, ces agissements, ces pensées humaines lui donnaient la nausée. Il n’en pouvait plus de se voir ainsi, détestable !
Il voulait être Dieu et seulement Dieu. Un créateur ! Pas autre chose.
Un examen de conscience l’ammena à penser qu’il devait prendre un peu de recul et qu’une retraite dans l’univers céleste l’aiderait à trouver une solution. Lui-même se sentait perdu et il en allait de sa survie, bien qu’entre-nous, il n’ avait pas grand-chose à craindre ! Il s’éloigna alors de la Terre pour fuir les humains. Près de ses étoiles il était apaisé. Plus rien ne venait le contrarier. Une sérénité l’envahissait. Il n’avait plus d’âme. Le vide était en lui.
Bon, alors, qu’est ce qu’on fait maintenant que Dieu se lave les mains de tout le bazar qu’il a créé et laissé sur la Terre ?
Des voix en colère s’élevaient de toute part.
Si Dieu existe pourquoi ne fait-il rien contre la famine ?
Pourquoi laisse-t-il tuer des innocents ?
Pourquoi n’empêche-t-il pas tornades, tremblements de terre, tsunami et autres catastrophes
Pourquoi a-t-il créer des cinglés?
Et pourquoi ci et pourquoi ça ?
Aux yeux de tous Dieu était LE responsable. La plupart des humains s’en fichaient un peu d’ailleurs car ils ne croyaient pas en lui ou croyaient en un autre Dieu qui, lui, s’occupait d’eux ! Finalement, tout le monde se lava les mains de tout et la vie sur terre devint un vrai capharnaüm.
Ce remue-ménage arriva aux oreilles de Dieu. Elles se mirent à siffler si fort que cela devint insupportable. Il était grand temps de réagir. Dieu ne savait pas encore comment il allait s’y prendre mais il se disait que tout n’était pas si mauvais chez les humains et qu’il trouverait bien une solution.
Et là je reprends l’histoire à son début.
Dieu était là sur son petit nuage et admirait la nature qu’il avait créé il y a quelques milliers d’années. Il approchait du lieu qu’il affectionnait le plus sur cette planète lorsqu’il entendit une voix qui se répétait en écho : « Dieu, es-tu là, tu là, là, là, là, là. »
Voilà qui est étrange se dit-il, on dirait qu'une voix humaine m'appelle! Puis de nouveau il entendit ; « Dieu, eu, eu, eu, eu, es-tu là, là, là, là,là »
Une brume légère voilait un décors que Dieu connaissait bien. Peu à peu le voile disparu et deux silhouettes apparurent comme suspendues au-dessus du vide. Dieu les observa. Les deux êtres, perchés au bord de falaise, l’air serein, se tenaient main dans la main les yeux tournés vers l’étrange et attirante beauté du néant. Ils semblaient chercher quelque chose du regard ou attendre quelqu’un. Leurs pieds étaient si proche du vide qu’un seul pas les aurait fait chuter mais ils ne semblaient pas s’en soucier. Une certaine candeur émanait d’eux; peut-être était-ce ce que l’on appelait la foi !
« Dieu, es-tu là,là là ? Nous avons besoin de toi, toi toi » répétaient-ils inlassablement
Ces deux êtres cherchaient Dieu depuis des jours et étaient prêts à tout pour le trouver. Ils avaient abandonné la cérémonie de leur mariage en plein milieu car, au moment où le prêtre dit que Dieu était parmi eux, ils avaient réalisé avec stupeur qu'ils avaient oublié de l'inviter. L' effroi et l'affolement qui se lu sur leur visage à ce moment inquiéta le prêtre qui se pencha doucement vers eux et leur demanda:
"Dieu n'est-il pas avec vous mes enfants?"
A cette minute précise et dans un même élan, l'un et l'autre partirent chercher Dieu sans se préoccuper des invités ni du prêtre.
« Etes-vous bien certains de vouloir de ma compagnie, s’amusa à répondre Dieu. »
Le couple se regarda, surpris, puis, scrutant des yeux les alentours ils s’exclamèrent :
« Grand Dieu, enfin te voilà ! Suis-nous s'il te plaît et vite. »
C’était un cri du cœur que Dieu comprit très bien et qui l’ému au plus profond de lui. A travers ces deux êtres Dieu pensait découvrir le dépassement de soi, le véritable amour. Il se dit que c’était cela qu'il devait répandre dans le coeur des hommes et il eut subitement envie d’aimer tous les humains. Ce serait son chemin de croix. S’il arrivait à se dépasser lors de cette quête, il obtiendrait ce dont tout humain rêve : un monde de paix et d’amour.
« Continuez votre route, dit-il d'un ton plein d'empathie, je reste à vos côtés. »
« Facile à dire, s’exclama la femme, on ne sait même pas comment nous sommes arrivés là ! Et puis on commence à avoir faim, on n’a rien mangé depuis trois jours. J’ai mal aux pieds, j’en ai marre, je veux dormir ! »
« Oui elle a raison dit l’homme. On n’en peut plus. On t’a cherché jours et nuits et on s’est retrouvés dans ce cul de sac dont on ne sait pas repartir. T’aurais pu te manifester plus tôt ! »
Pfffffff ! pensa Dieu, sacré chemin de croix qui m’attend !