L'agriculteur français Jean-Bernard Huon a renoncé aux techniques modernes telles que les machines agricoles et les pesticides, en choisissant les méthodes manuelles d'agriculture de subsistance autrefois adoptées par ses ancêtres paysans.
Le photographe de Reuters Stéphane Mahe a passé sept jours avec Jean-Bernard et sa compagne Laurence à Riec-sur-Belon, un coin du sud de la Bretagne sur la côte ouest de la France, pour capter des scènes de leur mode de vie unique.
Jean-Bernard, 70 ans, se décrit comme un "homme atypique et heureux". Laurence et lui traient huit vaches à la main, broient la farine et ramassent le fumier pour fertiliser les cultures qui nourrissent leur bétail. Jean-Bernard choisit de vendre son porc, son veau et son beurre directement aux visiteurs de sa ferme plutôt que de traiter avec les grands supermarchés.
Bien que ses produits soient biologiques, il a même évité de vendre dans les marchés fermiers, où la nourriture biologique est pourtant très populaire.
Jean-Bernard remet la bonde (le bouchon) sur un tonneau de cidre, dont le breuvage a été élaboré à partir des pommes de son verger.
Laurence ajoute du sel en fabriquant le beurre à la main (barattage manuel).
Jean-Bernard et Laurence utilisent les betteraves pour nourrir les animaux de la ferme.
Ils apprécient le cidre fait maison au déjeuner.
Les machines agricoles ont révolutionné l'agriculture française après la Seconde Guerre mondiale, mais Jean-Bernard a choisi de continuer à utiliser les méthodes traditionnelles de l'agriculture manuelle.
Bien que le pays se modernise autour de lui, il continue à labourer les champs avec des bœufs et n' a pas de télévision ni d’Internet, et pas plus d'eau chaude courante ou de voiture.
"Je me suis toujours débrouillé tout seul - je n'ai jamais été riche, mais qu'est-ce que ça peut faire?" dit Jean-Bernard au photographe.
"Les agriculteurs d'aujourd'hui ont beaucoup plus de terres et d'animaux que moi, mais ils ne sont pas nécessairement plus heureux. Ils font face à beaucoup de contraintes."
Jean-Bernard plaisante avec un ami qui l’aide à récolter les betteraves.
Bien qu’il ait choisi un mode de vie et de culture fondamentalement différents, Il ne s'oppose pas aux agriculteurs modernes et à leurs méthodes.
"Les gens critiquent et c'est bien beau de critiquer, mais il faut savoir pourquoi. Les produits chimiques étaient une libération pour les agriculteurs. Pouvez-vous imaginer? Vous appliquez du glyphosate et vous n'avez plus de mauvaises herbes. Sinon, tu dois le faire avec la houe."
Jean-Bernard a dû faire quelques concessions à la modernité alors qu'il a vieilli, en investissant dans deux tracteurs pour l'aider au levage du foin.
Les arrière-grands-parents de Jean-Bernard ont été les premiers de sa famille à travailler à la ferme - sa famille est représentée ici vers 1910.
Jean-Bernard veut transmettre sa ferme à un repreneur volontaire plutôt que de la vendre. Mais il admet que ses méthodes traditionnelles ne peuvent pas être adoptées par le futur propriétaire.
"J'ai vécu à une époque où on pouvait facilement s'installer", dit-il. "Il suffisait d'avoir des terres et de produire."
Photos prises par Stéphane Mahe.
Traduction, adaptation et ajout par à partir de l’Article original anglais paru dans BBC News du 22 février 2018 sur Jean-Bernard Huon.
Note du Traducteur/adaptateur : Mes grands oncles, les frères de ma grand-mère paternelle, avaient des fermes en Normandie, 35 vaches en moyenne, ils élevaient des bœufs et faisaient aussi des cultures diverses et bien sûr du cidre (bouché) notre champagne normand comme mon ami anglais Edward le désigne.
Ils vivaient relativement bien dans les années 70. Les petites et moyennes exploitations représentaient des écosystèmes viables et soutenaient une réelle économie locale.
Pendant la deuxième guerre mondiale mes grands-parents paternels ont pu manger et survivre grâce à la famille de ma grand-mère qui avait des fermes. Les temps ont bien changé. Qu’en pensent nos amis québécois, suisses, … et toute la communauté francophone de Steemit ?