Lorsque m'a invité à joindre la communauté Steemit, elle m'a demandé sous quel pseudonyme je souhaitais publier mes articles. Je lui ai décliné le nom de "Réveil du printemps", en référence à l'analogie qui m'était venue en tête pour illustrer (puissamment, il va sans dire!) la gravité de la situation du mouvement indépendantiste québécois, actuellement, à mon premier article. Quand elle m'a répondu avoir pensé au Printemps érable de 2012 quand je lui ai évoqué mon nouveau nom de plume, je lui ai avoué mon inconfort, voire même ressentir le syndrome de l'imposteur, en assumant la "paternité", sur Steemit, d'une locution aussi évocatrice des sacrifices consentis par les étudiant.e.s universitaires et des cégeps de sa génération pour tenter de faire plier le gouvernement de Jean Charest sur sa décision (Loi 78) de faire porter sur eux seuls le poids du manque de courage politique des gouvernements précédents en refusant d'indexer les frais de scolarité. Effectivement, j'ai soutenu publiquement la cause des "carrés rouges" contre ce gouvernement illégitime (élu majoritaire avec seulement 23,80% du vote absolu, le 8 décembre 2008) et l'État policier qu'il a érigé, en réponse à cette illégitimité, pour protéger le peuple mouton des conséquences ses abus de pouvoir et de confiance, sa corruption, sa collusion avec ses amis du privé et la dépossession de son État-nation.
C'étaient plutôt les Gabriel Nadeau-Dubois (CLASSE), Martine Desjardins (FEUQ) et Léo Bureau-Blouin (FECQ), selon moi, ou n'importe lequel/laquelle des dizaines de milliers d'étudiant.e.s qui ont bravé le froid, la neige, la pluie, tous les jours, en plus de la brutalité policière, l'indifférence voire le désaveu de la population (dans les débuts) et l'intransigeance du pire gouvernement de l'histoire du Québec - avant l'actuel gouvernement Couillard, bien sûr - qui avaient infiniment plus de légitimité de s'accaparer de ce pseudonyme évocateur et inspirant de "Réveil du printemps"!
Car, contrairement à la première image qui m'est venue pour justifier mon nom de plume, je considère la génération "Y" comme la plus inspirante du Québec, depuis la Révolution tranquille des années 1960, parce qu'elle a eu le courage de se tenir debout, contre un régime maintenu au pouvoir par une "minorité de blocage" inconditionnelle du PLQ, alors que tout le reste de la société civile avait baissé les bras devant son impuissance politique.
Elle l'a fait parce qu'elle a refusé d'assumer, seule, le constat des sociologues et démographes qui l'étiquetaient comme la première génération moins riche que la précédente, dans le dernier demi-siècle. Elle l'a fait aussi pour tenter de réveiller ces générations qui l'ont précédée qui, par leur manque de courage et leur repli individualiste, lui ont légué cet héritage empoisonné.
Et c'est sur cette génération, oui, celle de et
, mais aussi des milliers de jeunes indépendantistes qui ont suivi Jean-Martin Aussant dans l'aventure d'Option nationale et qui sont, aujourd'hui, aux côtés de Martine Ouellet et de Mario Beaulieu au Bloc québécois, qu'il faut désormais compter mais aussi investir, en l'écoutant d'abord et en l'appuyant dans le nécessaire et rafraîchissant renouveau du mouvement indépendantiste québécois.
Dommage que le Parti québécois et sa cheffe d'alors, Pauline Marois, l'ait prise comme définitivement acquise, après l'abolition de la Loi 78, en étouffant la vague revendicatrice pour la gratuité scolaire, des CPE au doctorat lors d'un sommet sur l'enseignement supérieur, en février 2013. Si le PQ n'avait pas été aussi arrogant, également, avec les partis émergents (Québec solidaire et Option nationale) qui lui proposaient une alliance tactique en vue d'empêcher l'élection de candidats libéraux, nous serions peut-être, aujourd'hui, en pleine campagne référendaire ou même le 194e pays reconnu par l'ONU!