Bonjour les steemiens,
5 heures du mat' j'ai des frissons,
Je claque des dents et je monte le son...
Et oui ! C'est parti pour le boulot !
L'infirmier à domicile que je suis part faire son devoir.
Chaque jour de l'année dimanche et jours fériés inclus, je pars faire des soins très différents les uns des autres : prises de sang, des piqûres en tout genres, des pansements simples, des pansements complexes, de l'aide à la personne âgée accompagné de soutien moral... etc..
Et vous savez quoi ? J'ai le sourire... car vous me donnez le sourire.
Oui vous me donnez chaque jour l'envie de me lever le matin et d'accomplir ce que je sais faire, ce que je SUIS...
Vous me rendez ce que je vous donne. Je suis là pour vous, et votre satisfaction en retour me comble.
C'est un métier difficile... Nous ne côtoyons pas que des belles choses mais quand je rentre chez moi le soir, j'ai le sentiment du devoir accompli...
Alors oui parfois nous sommes en retard pour vos soins parce-que nous avons pris le temps de soigner correctement la personne qui est avant vous, pris le temps de lui tenir la main pour la soutenir, pris le temps de la regarder dans les yeux pour lui redonner toute la dignité qu'elle mérite, pris le temps de l'écouter pour qu'elle évacue tout ce stress que lui procure sa maladie, pris le temps de lui expliquer l'évolution de ses soins... Parce que nous avons pris le temps de gérer la famille en état de stress....
La Famille... elle même affectée par la détresse de l'annonce d'un diagnostic... En panique devant l'état de Santé de la personne chère... Que nous devons également prendre en charge, expliquer, trouver des solutions...
La famille qui voit son proche s'en aller doucement vers la fin de sa vie... Vers la mort.
La mort... Oui la mort....
Nous côtoyons la mort au quotidien... Elle fait partie de la profession d'infirmier.
C'est une gestion difficile, douloureuse.
Nous soignons depuis des années des patients qui nous donnent cette force d'avancer.
Ils nous font confiance, nous sommes leurs confidents bien au delà de la famille ; nous donnent leur joie, leur amitié, leur peur en l'avenir, parfois l'amour... Celui d'un enfant qu'il n'ont jamais eu... ou tout simplement nous a offert un café un jour...
Nous faisons partie de leur vie.
Et un jour nous sommes déchirés définitivement par la mort.
Alors oui parfois nous ne sommes pas toujours très présents, pas très agréable... à la limite de l'abordable.
Nous nous excusons.
Alors oui il faut aller vite... nous prenons des risques entre chaque patient pour aller vite... Pour vous retrouver et vous donner satisfaction... car nous avions dit "vers 7 heures"... Et qu'il est déjà 7h10...
Nous prenons des risques en voiture, un danger pour les citoyens... Un danger pour nous.
Mais ce qui compte vraiment... C'est VOUS, pas nous.
Nous ... Qui s'occupe de nous ?
Nous nous efforçons de laisser au travail notre stress accumulé dans la journée... De ne pas affecter notre vie de famille avec nos problèmes.
Combien d'infirmières pleines d'empathie, de bonnes volontés ne tiennent pas et craquent... En état de "burn out"...
Victimes de leur travail... De leur implication dans leur travail.
Pas de recours... Pas de soutien... Pas de psychologue pour parler....
Alors, nous parlons entre nous, pour seulement évacuer le trop plein... Nous pleurons parfois.
Rien d'exceptionnel... Pleurer cela fait du bien.
Alors MERCI,
Merci d'être là.
Merci de nous procurer le retour de satisfaction chaque jour.
Merci d'échanger un sourire dans la douleur et la difficulté.
Merci de votre reconnaissance, pour moi, pour toute la profession paramédicale infirmière... Sans oublier les aides-soignantes dans qui nous ne serions rien et sur qui nous nous appuyons pour travailler.
Je dois vous laisser pour aller faire des soins infirmiers.
Ce matin j'ai ouvert mon âme, merci.
Photo : google libre de droit
