Dans le cadre du cours de "Blockchains publiques et privées" animé par à l'Université de Lille, il était demandé de poser deux questions à ChatGPT et d’émettre une critique sur celles-ci. Chaque question et sa critique seront associées à un post sur la page de l’Université.
Question 2: Expliquez ce qu'est un NFT (Non-Fungible Token). Sur quelle blockchain la majorité des NFTs sont-ils émis et pourquoi ? Donnez votre opinion argumentée sur la valeur réelle et les cas d'usage légitimes des NFTs
Réponse de ChatGPT:
Un NFT est un jeton numérique unique inscrit sur une blockchain. Contrairement à un bitcoin ou à un euro numérique, il n’est pas interchangeable à valeur égale avec un autre jeton : il est non fongible. Techniquement, un NFT est surtout un enregistrement cryptographique qui pointe vers un actif, un droit ou une métadonnée. Il ne contient généralement pas l’image, la musique ou l’objet lui-même ; il contient un identifiant, un propriétaire blockchain et souvent un lien vers des métadonnées.
La majorité historique des NFTs ont été émis sur Ethereum, principalement via les standards ERC-721 et ERC-1155. Ethereum reste dominant parce qu’il a été le premier grand écosystème de smart contracts, qu’il dispose d’une forte liquidité, de places de marché matures, d’une infrastructure de wallets et d’outils développeurs très développée, et d’un effet de réseau important. Ethereum définit ERC-721 comme un standard destiné à identifier quelque chose de manière unique ; ERC-1155 permet notamment des modèles hybrides, utiles pour jeux, objets multiples et collections.
Cela dit, la domination varie selon le critère : nombre de contrats, volume de ventes, nombre de transactions, collections actives ou valeur totale échangée. Solana, Polygon, Bitcoin Ordinals, Base et d’autres chaînes ont gagné du terrain, souvent grâce à des frais plus faibles ou à des communautés spécifiques. Les données récentes de marché continuent toutefois à montrer Ethereum parmi les premières chaînes NFT par volume de ventes, avec parfois Bitcoin, Polygon ou Solana en tête sur certaines périodes courtes.
Mon opinion : la valeur réelle des NFTs a été largement exagérée pendant la bulle spéculative de 2021-2022. Beaucoup de NFTs d’art ou de “profile pictures” n’avaient pas de valeur fondamentale claire ; leur prix dépendait surtout de rareté artificielle, de marketing, de liquidité et d’anticipation de revente. Ce n’est pas une base solide.
Les cas d’usage légitimes existent néanmoins. Les plus crédibles sont ceux où le NFT représente un droit vérifiable ou une propriété numérique utile : billets d’événements avec contrôle anti-fraude, objets de jeux vidéo réellement transférables, licences numériques, certificats d’authenticité, accès à une communauté ou à un service, traçabilité d’actifs physiques, titres numériques dans certains cadres réglementés. Dans ces cas, le NFT n’a de valeur que si trois conditions sont réunies : l’émetteur est fiable, le droit associé est juridiquement ou contractuellement reconnu, et l’infrastructure reste disponible.
Conclusion : un NFT n’est pas automatiquement un actif précieux. C’est une technologie de certification et de transfert. Sa valeur ne vient pas de la blockchain seule, mais du droit, de l’usage, de la rareté crédible et de la confiance dans l’émetteur.
Ma critique:
La réponse est globalement correcte, mais elle reste trop générale. Elle explique le principe du NFT, mais elle ne distingue pas assez clairement la propriété du token et la propriété réelle de l’actif. Posséder un NFT ne signifie pas automatiquement posséder juridiquement une œuvre, une maison, un ticket ou un objet physique. Aujourd’hui, il n’existe pas encore de loi générale qui reconnaisse automatiquement qu’un NFT représente juridiquement ce droit de propriété.
Il manque aussi une précision importante sur Ethereum. Ethereum a créé les standards techniques qui ont rendu possible le développement des NFT, notamment avec les ERC-721 et ERC-1155.
La réponse nuance bien l’existence d’autres blockchains comme Solana, Polygon ou Bitcoin Ordinals, mais cela concerne surtout les NFT spéculatifs ou artistiques. Pour les NFT avec une vraie utilité économique, juridique ou contractuelle, l’usage reste quasiment exclusivement concentré sur Ethereum.
Enfin, plusieurs usages légitimes importants sont oubliés ou pas assez développés : les noms de domaine, les actes notariés, les preuves de propriété pour une maison, une œuvre (physique) ou des droits musicaux, le transfert automatique de royalties, l’authentification d’objets physiques et la traçabilité de produits comme chez LVMH, les droits de vote, ou encore la preuve qu’un KYC a été réalisé sans divulguer les données personnelles grâce à des ZKP.
En résumé, la réponse est juste sur les bases, mais elle manque de précision juridique, technique et économique. Elle aurait dû mieux expliquer que la vraie valeur d’un NFT dépend surtout du droit réel qu’il représente, de sa reconnaissance juridique et de son utilité concrète.