Image libre de droit, auteur Razvan Chisu @nullplus
Version en français
Après avoir relu mon dernier post et le bref échange de commentaires avec (que je remercie pour son intervention), je voudrais partager avec vous un souvenir récent, bonne lecture.
Je sais que le soleil était encore timide alors que ma fatigue aurait été ressentie même par un aveugle. Chaque coup de pédale était l'équivalent de chaînes froides sur les muscles de mes jambes. Ce matin-là, je me rendais au travail et c'était une répétition normale, un rouage huilé dans une routine établie. Ce n'est qu'à un moment précis, l'équivalent de la vitesse à laquelle un moucheron peut entrer dans votre œil alors que vos yeux sont encore mi-clos, qu'un fait du monde immatériel s'est produit.
Alors que je marchais très lentement devant l'enseigne d'un tailleur, j'ai pris conscience de quelque chose. En quelques secondes, j'ai d'abord métabolisé, et ensuite donné naissance, à la pensée que le monde n'est pas cousu pour moi. L'énorme différence entre un costume sur mesure et un costume sur mesure est que dans le premier, la seule véritable limite est l'imagination, tandis que le second part déjà de modèles existants.
Je me suis donc retrouvé à penser, pendant ce court voyage estival, que toutes les règles que je suis obligé de suivre, toutes les conventions, tous les comportements et même les réactions font partie d'un contexte que non seulement je n'ai pas choisi, mais qui ignore fondamentalement l'individualité de mon âme.
Plus souvent qu'on ne le croit, j'ai la sensation mentale et physique que cet endroit ne m'appartient pas. Cet endroit où la compétition est le pain et où l'assaisonnement succulent est toujours le gagnant. J'y ai beaucoup réfléchi. Mais la timidité, la réserve, la gentillesse, le calme, l'insécurité et la sensibilité ne sont que des obstacles ou plutôt..... Défauts.
Ce ne sont pas des caractéristiques, ce sont des limitations. Ce n'est pas moi qui décide, c'est le "patron" du monde qui l'a imposé sans que personne n'ose résister.
Il existe un design qui convient à chacun, ce que nous essayons de respecter, même inconsciemment. D'autre part, nous parlons constamment de la capacité à s'adapter aux situations. Et s'il y avait une planète qui s'adaptait à ses hôtes ? Si les invités se déclarent alors maîtres de ce qui n'est pas à eux ? Cela signifie que ce matin-là, à ce moment-là, je me suis simplement souvenu que nous nous sommes construit des cages dans lesquelles nous pouvons nous plaindre de l'inexistence d'une sortie, alors que la clé, le marteau, le cadenas et même les charnières ont toujours été entre nos mains.
English version
After re-reading my last post and the brief exchange of comments with (whom I thank for his intervention), I would like to share with you a recent memory, enjoy your reading.
I know the sun was still shy while my fatigue would have been felt even by a blind person. Every pedal stroke was the equivalent of cold chains on my leg muscles. That morning I was on my way to work and it was a normal repetition, an oiled cog in an established routine. It was only at a precise moment, the equivalent of the speed at which a gnat can enter your eye while your eyes are still half closed, that a fact of the immaterial world occurred.
As I walked very slowly past a tailor's sign, I became aware of something. In a few seconds, I first metabolized, and then gave birth to, the thought that the world is not sewn for me. The huge difference between a bespoke suit and a made-to-measure suit is that in the former, the only real limit is the imagination, while the latter already starts from existing patterns.
So I found myself thinking, during this short summer trip, that all the rules I am forced to follow, all the conventions, all the behaviors and even the reactions are part of a context that I not only did not choose, but that fundamentally ignores the individuality of my soul.
More often than not, I feel mentally and physically that this place does not belong to me. This place where the competition is the bread and the succulent seasoning is always the winner. I've thought about this a lot. But shyness, reserve, kindness, calmness, insecurity and sensitivity are just obstacles or rather ... Faults.
These are not characteristics, they are limitations. It is not me who decides, it is the "pattern" of the world who imposed it without anyone daring to resist.
There is a design that suits everyone, which we try to respect, even unconsciously. On the other hand, we constantly talk about the ability to adapt to situations. What if there was a planet that adapted to its guests? What if the guests then declared themselves masters of what was not theirs? This means that on that morning, at that moment, I simply remembered that we have built ourselves cages in which we can complain that there is no way out, while the key, the hammer, the padlock and even the hinges have always been in our hands.