Ma dernière toile continue la série Africa. Mon atelier, au Maroc, se situe sur une ancienne route transaharienne où transitait le commerce de l'or, des épices mais aussi des esclaves.
Peindre ces visages mélancoliques et plein d'interrogations c'est un peu rendre hommage à ces hommes et ces femmes arrachés à leurs racines. Ils naissent dans ma tête et appartiennent à ce monde invisible que nous côtoyons à chaque instant.
A Tombouctou ils furent vendus après avoir été enlevés à leurs familles et leurs villages. Les hommes castrés, les enfants et femmes enchaînés l'un à l'autre suivaient la caravane de dromadaires à travers un périple de 40 jours à travers le désert. Quand ils arrivaient à Mogador pour être embarqués sur les navires négriers, plus de la moitié d'entre eux était morte en route. Les autres seraient revendus aux Amérique ou en Europe, certains resteraient dans la région de Mogador ou d'Agadir, Tanger ou Marrakech, travaillant aux plantations ou complétant les harems.
Il ne faut pas oublier et remiser cette tragédie dans les tiroirs du passé...