chapitre 3
Sur place, il va aussi falloir se faire une raison. Nous n’avons pas de réseau. Marine ne dit rien mais pensait continuer à travailler depuis son portable. Personnellement, j’en suis ravi. Elle va vraiment pouvoir décrocher. Il n’en demeure pas moins que comme pour chaque voyage, je n’ai rien préparé. J’ignore tout de l’île, son histoire, sa géographie, ses points d’intérêt. On va faire à l’arrache.
Nous traversons la zone pêcheur et remontons le quai des Paimpolais. Le flot des touristes s’est précipité dans la cahute baptisée « office du tourisme ». J’ai une autre stratégie et à commencer par prendre un bon café en terrasse. Au bout du quai, il y a cette échoppe un peu improbable qui fait restaurant, bar et boutique de fripes. Nous nous installons. Marine vérifie la mort dans l’âme une nouvelle fois : aucun réseau. Je souris intérieurement en passant la commande à la patronne.
Ce petit bout de femme déborde manifestement d’énergie. Profitant de sa bonne humeur enjouée, je lui demande comment s’y prendre pour découvrir l’île. Elle nous explique, plan à la main. Nous devrions profiter des gros coefficients pour commencer une traversée à pied et visiter l’îlot kelaourou. Tout en l’écoutant, j’ai jeté un oeil au menu du jour. Du homard. Et je réserve donc une table pour le déjeuner en réglant les deux cafés. La sympathique patronne acquiesce et nous lance : moi c’est Nathalie, à toute à l’heure.