chapitre 9
La veille, j’ai repéré un café sur le quai. Je suis peut être un peu matinal quand j’arrive à la porte, un écriteau m’accueille: « parti pêcher ». Et merde! Même le troquet est à l’arrêt. L’île dort encore en fait. Je refais les ruelles dans tous les sens. Rien. Je dois me faire une raison. J’immortalise les vagues qui se fracassent sur la jetée.
Retour chez sylvie. L’odeur du petit noir m’accueille. Elle sourit. « Vous étiez partis prendre un café? » J’opine en lui rendant son sourire. Elle enchaine : « rien n’est ouvert avant dix heures et encore! Surtout qu’aujourd’hui le bateau n’arrive qu’à 16h00! ». J’avale une première gorgée. Ca va mieux et je lui demande ce que font les iliens jusque 16h00. Aucune ironie dans mon propos qu’elle capte immédiatement. La réponse est légèrement déroutante : « rien, on ne fait rien. Il n’y a rien à faire de toutes manières. Ce qui est pénible avec le bateau de l’après midi, c’est qu’on a le journal très tard. »
En effet! Elle me raconte sa vie. Elle n’a toujours connu que cette maison. Son mari qui s’est barré il y a déjà dix ans. Et les 4 enfants qui étudient sur le continent. Elle fait quelques ménages pour les plus vieux et elle loue les deux chambres quand les enfants ne sont pas là. Elle me dit ça le plus simplement du monde. Vu de l’extérieur, elle survit. En fait, pas du tout, elle vit au rythme de l’île. Tout le monde se connait et les vieux mine de rien, avec leurs petits canotes ramènent de quoi manger.
En fait, Sylvie est comme tous les iliens. Elle attend le putain de bateau.
A suivre...
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