Très intéressant ce sujet zaral.
En tant que prof des écoles, je vis tout ça de l'intérieur.
Je ne parlerai que de ce que je connais : le primaire.
1/ Le débat sur les programmes est toujours clivant à l'éducation nationale. Quelles notions introduire au détriment de laquelle?
Ces dernières années, l'ouverture sur les langues étrangères, le numérique, l'éducation civique a été important. Le problème est que l'emploi du temps n'étant pas extensible: il a fallu rogner un peu/ beaucoup sur le français. Bon cela dit : on peut faire de la lecture de différentes façons c'est transversal.
Dans le domaine des programmes, les querelles de chapelle et le luttes d'influence sont violentes.
L'introduction du numérique est une bonne chose, il faut vivre avec son temps.
Sachez que la formation dans ce domaine est quasi inexistante si bien que vous trouverez des enseignants sachant codé (autodidactes) et d'autres à ne pas savoir ce qu'est un mulot.
Il faut savoir aussi que les moyens numériques à disposition dépendent des moyens des communes.
Communes riches = TBI, vidéoproj, malles infos avec ordi tablettes, ...
communes pauvres = nada.
Pour ma part, je suis dans l'entre-deux: vidéoprojecteur mais c'est mon ordi perso qui sert au travail.
2/ Que changer ?
Des programmes, il en faut c'est sûr afin d'assurer un savoir efficient minimum garantissant un minimum de maîtrise de la langue.
Par contre, ouvrir sur des cursus plus personnalisés dans les grandes classes me semble pertinent: c'est l'idée.
Il faut changer l'approche du travail demandé en classe : encourager les travaux en équipe ce qui entraîne la multiplication des interactions sociales positives.
Pour ma part, je pratique souvent ce type de pédagogie.
J'insiste aussi sur la valorisation des progrès plutôt que le résultat à l'instant T.
L'idée des nouveaux programmes c'est de pratiquer une évaluation positive en valorisant au maximum les progrès des élèves en portant un regard bienveillant sur l'épanouissement de l'élève.
C'est bien moins vexatoire qu'une note.
D'ailleurs, en primaire, la note est interdite depuis 10 ans mais il se trouve que c'est une pratique encore utilisée.
Au collège et au lycée, la note est largement utilisée.
Je privilégie le contrôle continu plutôt que l'évaluation couperet, c'est là aussi un axe à privilégier. La maîtrise d'un savoir est souvent instable dans les petites classes: c'est dans le temps que se mesurent les progrès durables.
3/ On nous vend le système nordique.
Pourquoi pas? Par contre, il faudra diminuer le nombre d'élèves par classe, avoir plus de salles que de classes pour le pratique afin de créer des groupes selon les besoins.engager des assistantes de l'enseignant.
Bon, autant dire qu'on est à des années lumières de ça.
Cette année, on paie cher les CP en REP+ à 12 élèves :
- plus de remplaçants disponibles pour les congés maladies: maladies persos ou enfants malades.
-Augmentation drastique des effectifs: il n'est pas rare de voir des petites classes à + de 30. C'est la moitié dans mon école.
Il y a du boulot et surtout ça prend du temps de faire évoluer les mentalités.
En matière d'éducation, au prétexte que chacun est allé à l'école, tout le monde s'estime spécialiste de la question.
Alors, partons de ce qui fonctionne pour modifier tout le reste.
RE: Et si on arrêtait tout ?