Coucou les Steemiens,
Me voila de retour sur la planète Steem :D et je suis en train de préparer un post pour vous expliquer ce qu'il s'est passé, ce qu'il y a de nouveau mais pour l'heure un nouvel épisode (:D
Novembre 2011
J'avais à peu près digérer la mauvaise nouvelle annoncée deux mois plutôt téléphoniquement par la sage-femme.
En effet, leur manque de professionnalisme avait fait que le passage de notre dossier aurait lieu en novembre car il manquait deux documents qui ne m'avaient jamais été demandé.
Oui mais en novembre j'aurais 37 ans depuis le 20 octobre et alors... me direz-vous ?
Et alors, cela faisait toute la différence à quelques jours près cette commission n'était plus une simple formalité car elle allait devenir celle qui allait décider si oui ou non j'allais pouvoir enfin essayer, j'allais enfin avoir une chance de devenir maman.
Ce centre de PMA avait pris l'initiative, fait le choix d'interpréter la loi à leur façon. En même temps, la loi de bioéthique n'était et n'est toujours pas trop là pour les aider puisqu'elle dit :
La PMA est réservée aux couples [... ] qui sont en "âge de procréer".
Alors même que la prise en charge par la sécurité sociale pouvait aller jusqu'à 43 ans, mon centre n'acceptait pas les femmes de plus de 37 ans...
Il fallait que j'obtienne la dérogation de cette commission.
Les deux mois qui s'étaient écoulés avaient été atroce avec des nuits ponctuées par des cauchemars effrayants. C'était quasiment tout le temps le même qui revenait.
J'assistais impuissante à la commission et je voyais mon dossier être classé dans la pile "refusé" et tous les membres présents éclataient de rire. Je tentai alors de supplier, d'implorer les membres un par un jusqu'à m'apercevoir que j'étais invisible. C'était inévitablement le moment où je me réveillai en hurlant.
J'étais épuisée, je ne dormai plus, j'avais trop peur de m'endormir, j'avais trop peur de ce cauchemar, j'avais trop peur qu'il devienne ma réalité.
Il fallait que je garde le moral que je reste positive mais cela devenait vraiment dur. Je devenai l'ombre de moi-même, incapable de réagir.
Je cochais les jours les uns après les autres sur un calendrier attendant le jour J comme le Messie.
J'envisageai de plus en plus de me rendre à l'étranger pour bénéficier de ce don car je ne parvenais plus à m'empêcher de penser que la France, mon pays n'allait pas me venir en aide. Je pensai, à tort ou à raison, que je serais bien mieux prise en charge par des pays frontaliers comme l'Espagne ou la Belgique.
Bref, j'avais décidé une fois de plus, résignée, de patienter et d'attendre le bon vouloir de ces individus. Je ne me sentais pas de toute façon la force ni le courage de me renseigner pour l'étranger c'était déjà si difficile en France alors ailleurs...
J'avais une nouvelle fois vécu cela comme une injustice, je le vivais presque comme un acharnement.
Je peux écrire aujourd'hui avec tant de précision ce parcours de vie grâce aux nombreuses notes que j'ai pris durant toutes ces années dans le plus grand secret et la note que je retrouve pour cette période est :
ils veulent m'empêcher d'avoir un bébé, ont-ils le droit ??????
A l'époque, je n'avais pas la force ni même l'envie de vérifier la véracité de la masse d'informations qui m'était donnée.
Lorsque j'évoque par exemple, la loi de la Bioéthique dans mes articles, je vérifie systématiquement :
- que les informations que j'ai noté ou mémorisé sont exactes,
- que la loi n'a pas été modifiée...
Dans cette démarche, j'ai trouvé un article de 2018 sur Libération dont le titre,
PMA : Y a-t-il un age limite pour avoir une enfant ?
parle de lui même.
Donc, non la réponse est claire... ils n'avait pas le "droit" !!! pas le droit de me faire perdre un temps précieux.
Tous ces mois, ces années volées par la médecine, par mes mauvais choix médicaux.
C'est tout bête mais ce simple article m'a donné les sanglots.
.
Attention, que ce soit bien clair. Je ne le prenais pas personnellement mais plutôt comme un problème de société qui concernait toutes les femmes dans ma situation.
Je me disai juste en boucle qu'au delà des 37 ans, ils faisaient abstraction complète du parcours, de la situation, de l'humain au profit de probables statistiques qui seraient forcément plus favorables si l'on excluait les femmes qui allaient nécessairement faire baisser le taux de réussite du centre...
J'avais passé les 72 heures qui avaient précédé le jour J sans dormir.
« je suis fatiguée, je suis au bout du rouleau et je n'y arriverai pas c'est foutu ».
C'était les seules pensées qui traversaient mon esprit, impossible d'être positive, impossible d'être optimiste, impossible ne serait-ce que de sourire.
Toutes les tentatives de mon mari pour essayer de me redonner le sourire s'avéraient infructueuses. Au mieux je ne réagissais pas au pire j'éclatais en sanglots ce qui le faisait se sentir désabusé, impuissant et sans solution à m'apporter.
La veille je n'avais pas pu m'empêcher de les appeler pour être bien sûre : il ne manquait aucune pièce ? Le dossier était bien ok ? la commission avait bien lieu demain ?
Le jour J
« Service de PMA, bonjour.
— Bonjour, Chistel M., je souhaite parler au Dr V. ou à une sage femme.
— C'est pourquoi ? ».
ll va falloir patienter pour la suite, en espérant que cela vous a plu, amené à la réflexion et surtout permis d’en savoir plus sur la PMA avec don d’ovocytes.
A bientôt les Steemiens.
Christel
Pour aller plus loin, voici quelques articles que j'ai sélectionné avec beaucoup de soins :
- PMA : Y a-t-il un age limite pour avoir un enfant ? -Libération-
- Bioéthique : les États généraux de la bioéthique sont lancés. -Gouvernement.fr-
- Bioéthique : comment réécrire les lois de la vie ? -Le Monde-
- La loi de bioéthique et actualités -Gènéthique-
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